En cohérence ?

Les propositions de Marisol Touraine seront-elles en cohérence avec ses propos ? Si oui, se serait une bonne chose !
 La ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des Femmes s'expliquait récemment concernant le gel des retraites et le justifiait ainsi : «Il n'y a pas beaucoup d'inflation et donc les règles que nous appliquons chaque année de la même manière pour revaloriser les retraites aboutissent à ce que cette revalorisation soit égale à 0» : http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0RD4K920140912.
 En gros, ce gel ne se traduira pas par une diminution du pouvoir d'achat des retraités, ou alors une diminution extrêmement modérée...
Cela s'était au titre des Affaires Sociales.
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Au titre de la Santé, donc, il serait logique que la même Mme Touraine s'abstienne à l'automne de proposer, à l'occasion des divers projets de loi qu'elle soumettra au Parlement, des mesures qui contribueraient à pénaliser le pouvoir d'achat des retraités.
 Rappelons que c'est dans les rangs de ceux que la SNCF appelle les "seniors" que l'on trouve le plus de consommateurs réguliers et modérés du "divin breuvage" : voir ICI, page 33, tableau de gauche.
alt=Description de cette image, également commentée ci-après
 Un mode de consommation dans cette tranche de population dont aucun des pires hygiénistes que nous ayons eu à combattre n'a jamais contestée l'intérêt du point de vue sanitaire.
«Le vin est le lait des vieillards» disait Platon.
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Nota Bene :
 1) Le mot "vieillard" peut choquer certains de nos lecteurs, mais il faut savoir que dans la Grèce Antique étaient considérés comme tels tous ceux qui n'étaient plus susceptibles d'être réquisitionnés au service de la cité, c'est à dire au delà de 60 ans...
alt=Description de cette image, également commentée ci-aprèscomme Socrate, par exemple, le maître de Platon au moment où ce dernier recueillait ses paroles... au cours de banquets (συμπόσιον / sumpósion - symposium en latin- traditionnellement traduit par «banquets», plus littéralement « réunion de buveurs») où le vin était présent en raison des ses vertus psychoactives.
Lire notre mini-dossier "Psychoactivité positive".
 C'est dans ces conditions que Platon écrivit un de ses ouvrages majeur : La République.
 République (un mot qui devrait parler à Mme Touraine) et vin sont donc indissociablement liés depuis l'Antiquité.
 2) Il faut savoir que le pouvoir d'achat des retraités -comme celui des autres français- sera déjà affecté par l'augmentation de la fiscalité sur les carburants, jusqu'à 4c/l pour les moteurs diesel en comptant la taxe carbonne : http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/0203771019776-une-hausse-de-2-centimes-du-gazole-pour-compenser-lecotaxe-1041898.php.
Image illustrative de l'article Jean-Marie Le Guen
 3) À l'inverse des propos de Mme Touraine, M. Jean-Marie Le Guen (que nous connaissons bien ici ) annonçait hier un coup de pouce pour les petites retraites. Il semblerait qu'il n'était pas autorisé à le faire : http://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0203773935754-un-coup-de-pouce-en-prevision-pour-les-petites-retraites-1042189.php.
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ALERTÉS
 Ce soir doit être diffusé sur France 3 un documentaire intitulé «Vino business».
 Évidemment, nous ne saurions préjuger de son contenu, mais plusieurs de nos militants nous ont alertés et invités à visionner la bande-annonce formée de courts extraits sortis de leurs contextes.
 Laquelle, passant depuis plusieurs jours sur différentes chaînes du service public, a été vue par des millions de téléspectateurs, souvent plusieurs fois.
 À notre avis, elle peut-être considérée comme inaugurant une nouvelle forme de conditionnement des esprits.
 Bien écouter surtout la phrase prononcée à la 32° seconde, celle qui reste le plus imprimée dans les esprits après images préparatrices :  https://www.youtube.com/watch?v=mkzPyOx4zsc !  
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Cannabis (3)

Face au «ras-le-bol fiscal», il est désormais nécessaire de culpabiliser le contribuable pour qu'il "avale" en silence un surcroît de taxes dans des domaines spécifiques.

Et à cet effet, il ne faut surtout pas lésiner, bien sûr, sur le nombre ni le volume de rapports ad hoc que l'on fera réaliser.
 Ni sur la dimension de l'accompagnement médiatique que l'on mettra en œuvre.
Un investissement nécessaire car après tout c'est connu : on n'a rien sans rien !
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Ce sont ces principes qui, depuis quelques années, ont été beaucoup utilisés dans le domaine de l'environnement, prophéties de sérieux désagréments à l'appui.
 Par exemple : l'"apocalypse de la planète" à plus ou moins court terme... etc... etc...
Jusqu'à ce qu'un certain nombre d'énergumènes excédés se coiffent de bonnets rouges, qu'il soit fait marche arrière... et que l'on parle d'«écologie punitive» pour mieux la récuser.
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Mais l'idée "d'hygiénisme punitif", elle, n'a pas été abandonnée et loin de là !
 En fait, il est plutôt question de «fiscalité comportementale», l'acceptabilité dépendant aussi, bien entendu, de la sémantique employée.
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Notre article précédent se terminait ainsi :
  «Mais nous parlons là des avis de façade et constatons que, d'une manière générale, ceux de ces avis qui sont les plus sévères en matière de consommation de vin le sont beaucoup moins dés lors qu'il s'agit de cannabis.
Pourquoi ?
C'est très simple : affaire de gros sous !
Et nous le démontrerons prochainement, document officiel à l'appui».
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Le document que nous évoquions, le voici :  http://cms.centredesaddictions.org/pdf/Mildt_MR_DJM_contribution.pdf.
 Nous serons dans les prochains jours amenés à en parler souvent, d'autant que, malgré son âge avancé (presque 1 an !), il pourrait bien, avec d'autres de même nature, servir de base aux propositions qui seront très bientôt présentées au Parlement dans le cadre de discussions concernant certains projets de lois...
.Pour l'heure, attachons nous seulement à "boucler" notre démonstration.
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 On y trouve, de la page 239 à 243 et sous la plume de Mme Catherine Hill  (que nous connaissons bien ici), une proposition d'augmentation extrêmement conséquente de la fiscalité appliquée au vin.
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 Et pour le cannabis ?
C'est beaucoup plus flou, mais en gros, nous semble-t-il, il s'agirait de remplacer, pour le simple usage, la pénalisation par la «contraventionnalisation» (p.251, 1° §)..
 Normal, la pénalisation ça coûte cher : frais de garde à vue, de poursuite, de bracelet électronique ou d'incarcération éventuelle...
Tandis que la contraventionnalisation, cela procure un bénéfice immédiat et beaucoup moins coûteux !
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Voilà donc un cas où la rentabilité passe par un allègement de la pression.
 Nous avons affaire à des pragmatiques : on voit bien que dans d'autre cas (dont celui qui nous intéresse le plus), ils proposent la démarche inverse.
Ont-ils dans l'idée de parvenir peu à peu à une position de synthèse ?
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Nous allons terminer cette "mini-série Cannabis" par une précision importante.
 Que les préconisations contenues dans ce rapport et concernant le cannabis soient ou non suivies d'effets, nous ne porterons pas de jugement à ce sujet car cela ne ressort pas de notre combat.
 Par contre, l'évocation des réflexions qui se développent autour de l'usage de cette substance nous ont permis de mettre en évidence la logique et les mécanismes auxquels le vin est confronté.
 Et cela, à l'inverse, correspond pleinement à l'objet de notre association.
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Articles précédents :
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Cannabis (2)

«Le cannabis : pas trop pour les jeunes. 
Le vin : pas du tout pour qui que ce soit.»
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Marisol Touraine, en 2007.
 C'est ce qu'on peut conclure si l'on croise certains propos liés à 2 personnes qui se connaissent et semblent partager un certain nombre d'options, puisqu'il s'agit de Mmes Marisol Touraine, renouvelée Ministre de la Santé (photo 2007), et Élisabeth Martichoux, journaliste à RTL et LCP, spécialiste des questions de santé.
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Commençons par cette dernière et à son sujet revenons au document que nous évoquions dans notre billet précédent :  http://www.lcp.fr/emissions/etat-de-sante/vod/153354-cannabis-drogue-ou-medicament.
Et plus précisément au texte de présentation : À PROPOS DE CETTE VIDÉO.
 Et encore plus précisément à la dernière phrase du 1° paragraphe : «Une consommation excessive peut être dangereuse pour les jeunes, avec des conséquences qui peuvent s’avérer très lourdes pour des consommateurs dont le cerveau est encore en formation».
Cela, rappelons-le, sur la chaîne de l'Assemblée Nationale avec le soutien de la Mutuelle Générale de de L’Éducation Nationale...
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 Cette phrase très nuancée, mettons la en questions par tranches.
«Une consommation excessive» : pas de problème en cas de consommation modérée ?
«peut être» : pas sûr ?
«dangereuse pour les jeunes» : cela ne concerne pas les moins jeunes ? La consommation excessive et a fortiori modérée ne présente-t-elle aucun risque pour ces derniers ?
«avec des conséquences qui peuvent» : ce n'est qu'une possibilité ?
«s’avérer très lourdes pour des consommateurs dont le cerveau est encore en formation» : pas de conséquences quand le cerveau est définitivement formé ?
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Et maintenant, venons-en à Mme Touraine.
 Supposons qu'une fois de plus, à RTL ou sur LCP, elle soit amenée à répondre aux questions de Mme Martichoux et que celle ci lui demande :
 «Ne pensez-vous pas que, concernant le vin, une consommation excessive peut être dangereuse pour les jeunes, avec des conséquences qui peuvent s’avérer très lourdes pour des consommateurs dont le cerveau est encore en formation 
On imagine sans peine la stupéfaction !
 Et le caractère sans nul doute cinglant de la réponse !
La ministre n'a-t-elle pas en effet récemment affirmé que le gouvernement n'était pas seulement préoccupé par les usages à risques mais aussi par la simple consommation de cette molécule ?
 Voir notre article : "Psychopathologie".
Beaucoup moins de nuances, beaucoup plus ferme et définitif : la première goutte, en quelque sorte, comme disait naguère l'Institut National de la Consommation (CLICK).
 Mme Touraine avait quand même ajouté «notamment chez les jeunes», mais «notamment» ne signifie pas «uniquement», n'est-ce pas ?
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Cela étant dit, nous avons la certitude que ces 2 dames, à titre personnel, préféreraient que leurs propres enfants, s'ils avaient environ 18 ans, boivent un verre de vin par jour plutôt qu'ils ne fument un "pétard" quotidien.
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Mais nous parlons là des avis de façade et constatons que, d'une manière générale, ceux de ces avis qui sont les plus sévères en matière de consommation de vin le sont beaucoup moins dés lors qu'il s'agit de cannabis.
Pourquoi ?
C'est très simple : affaire de gros sous !
Et nous le démontrerons prochainement, document officiel à l'appui.
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                                                  (À suivre)
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Article précédent : Cannabis (1).
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Cannabis (1)

«L'alcool tue, pas le cannabis», nous serine-t-on sans cesse.

Y compris sur LCP, la chaîne de l'Assemblée Nationale, et ceci en partenariat avec la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale.

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Notre collège de scientifiques bénévoles ne comptant pas de spécialistes de la question et nos moyens ne nous permettant pas de financer une synthèse rémunérée, il n'est pas dans notre propos de d'évaluer ici le degré de nocivité propre au THC ( tétrahydrocannabinol, principe actif du cannabis).
 Nous allons donc nous contenter de souligner ce qui semble relever du seul bon sens.
Le cannabis peut être absorbé sous différentes formes, par exemple en ayant été incorporé dans des gâteaux (les « space cakes ») ou par vaporisation (en général à fin thérapeutiques) mais ce sont là des cas extrêmement rares, voire marginaux.
 En général, il est inhalé sous forme de "joint" ou "pétard" selon les propres termes de Mme Elisabeth Martichoux, présentatrice de la  vidéo évoquée plus haut (diffusée sur LCP et réalisée en partenariat avec la MGEN).
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Or, les "joints" sont, la plupart du temps composés d'un mélange de résine de cannabis et de quelques grammes de tabac servant de support.
 Et le tabac provoque plus de décès que l'alcool selon ce que nous dit le Pr Amine Benyamina, l'interlocuteur de Mme Martichoux.
 On peut d'ailleurs se demander combien de personnes sont "entrées" dans le tabac au travers de séances de "fumette" collective et en sont restées dépendantes longtemps après s'être sevrées du cannabis ?
 D'ailleurs, même en cas d'absence de tabac ("stick"), on sait les effets délétères liés aux produits de combustion cancérigène : tabac, oxyde de carbone, etc...
Surtout s'ils sont volontairement et consciencieusement inhalés !
D'une manière générale «fumer tue» selon ce qu'il est indiqué sur les paquets de cigarettes.  Serait-ce faux en présence de cannabis ?
Le cannabis aurait-il la vertu de contrebalancer les effets néfastes du tabac ?
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De plus, sachant que l'on intègre dans les décès dus à l'alcool ceux provoqués par les accidents routiers dans lesquels il se trouve impliqué, ne peut-on en faire autant en ce qui concerne le cannabis ?
 De même pour les violences ayant, volontairement ou pas, entraîné la mort...
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                                                                              (À suivre)
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Articles liés

. Article précédent : Franklin. . .

 

 

Franklin

Les grands humanistes ont très souvent été des laudateurs du vin, l'histoire regorge d'exemples à ce sujet
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Image illustrative de l'article Benjamin Franklin
 Benjamin Franklin était anti-esclavagiste quand il était difficile de l'être, bien longtemps avant que son pays ait aboli cette pratique barbare.
 Et il n'était pas du genre «faites ce que je dit, pas ce que je fais» puisque lui même affranchit ses propres esclaves : CLICK.
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Que disait il du "divin breuvage" ?
 Ceci : «Le vin rend la vie quotidienne plus facile, moins frénétique; il allège les tensions et encourage la tolérance».
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À l'inverse, plus d'un siècle après sa mort, le Ku Klux Klan s'engageait très activement dans les rangs des fanatiques  prohibitionnistes : CLICK.
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 Humanisme ou barbarie ?
Le vin est marqueur de choix !
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«Il y a une civilisation du vin, c'est celle où les hommes cherchent à mieux se connaître pour moins se combattre.»
 C'était le principe prévalant à la mise en place du Conseil de Modération et Prévention... récemment supprimé : CLICK.
Une mise à mort accordée aux ayatollesques œnophobes qui n'avaient jamais digéré la création de cet espace de dialogue.
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Articles liés :

 

 

Cocarico !

Il s'avère parfois qu'il ne faut pas se réjouir trop vite, certaines informations ayant tendance à être délivrées par tranches.
 En 3° semaine de juillet dernier, un de nos "vigilants", plein d'allégresse, nous transmettait un article de "Francetv info avec AFP" indiquant, entre autres choses, que «deux symboles de la "malbouffe" venue d'outre-Atlantique vacillent. Coca-Cola et McDonald's ont enregistré, au deuxième trimestre, une inquiétante érosion».
 Et que «de façon générale, en Occident, les ventes de sodas pâtissent de la corrélation faite par des études entre la consommation régulière de ces produits et l'obésité ou le diabète» : http://www.francetvinfo.fr/economie/entreprises/pourquoi-coca-cola-et-mcdonald-s-sont-a-la-peine_653587.html.
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Nous étions un peu étonnés car étant au fait que, suite à la vague scélérate médiatique de 2013, la consommation de vin restait sur une tendance baissière accélérée dans notre pays.
 Et que, pour même raison de discrédit organisé, «sur les neuf premiers mois de la campagne 2013-2014, les exportations françaises sont en recul de près de 5% sur un an» : http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/mag/art-de-vivre/pratique-conso/2014/07/17/vins-la-france-recule-sur-le-marche-mondial-du-vin_11084466.html.
 Ce qui a toujours été corrélé à une recrudescence du nombre de comas éthyliques mais aussi... à une augmentation du malbouffisme.
Alors nous avons différé tout commentaire à ce sujet.
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Bien nous en prit !

 8 jours après l'article précité, les mêmes "Francetv info avec AFP" ajoutaient que «toutefois, les chiffres marquent certaines disparités».
Et précisaient que «McDonald’s France fait état d’une hausse de 4,8 % de ses ventes sous enseignes» : Click (milieu d'article).

L'exception française !
 Cocarico !
Début août, le journal "Le Monde" reprend l'information en mentionnant l'avis du docteur Patrice Halimi, secrétaire général de l'Association santé environnement France (ASEF) pour lequel cette situation particulière est due au fait «que la France est à la traîne en termes de prévention » : http://www.lemonde.fr/le-magazine/article/2014/08/03/en-france-mcdonald-s-fait-de-la-resistance_4465104_1616923.html (fin de l'article).
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Mais que la France décide prochainement de rattraper ce retard est difficilement imaginable.
Pourquoi ?
la réponse se trouve dans notre mini-dossier "Malbouffisation institutionnelle".
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Par contre, à la rentrée, dans le cadre de la préparation de l'opinion aux propositions concernant le futur Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale, on pourrait bien connaître une nouvelle vague médiatique œnophobe : histoire de continuer à nous singulariser...
 À y regarder de plus près, il semblerait bien que certains, dès maintenant, en plein cœur de l'été, commencent "à se mettre en jambes" !
Il se pourrait, malheureusement, que nous ayons à y revenir...
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À noter par ailleurs
 Paru récemment, un très bon article de Jacques Berthomeau qui enrichit considérablement l'argumentaire fondamental de la résistance œnophile : http://www.berthomeau.com/article-chez-aurelie-filippetti-on-cause-bien-du-vin-symbole-de-la-nation-et-de-l-art-de-vivre-124306063.html.
Description de cette image, également commentée ci-après

À rapprocher du "vin boisson-totem de la nation française" selon Roland Barthes, un des principaux animateurs du structuralisme et de la sémiotique en France.

Quintessentiels !

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Admirable initiative !

 

«Pas de joie sans vin» dit le Talmud.
 C'est «une première» en France : afin d'égayer le quotidien difficile des patients, dès septembre, un "bar à vins" sera ouvert dans le service de
soins palliatifs du Centre Hospitalier Universitaire de Clermont-Ferrand !
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Lire ceci sans oublier d'écouter l'interview de Mme le Dr Virginie Guastella, chef de service du Centre de soins palliatifs de ce CHU, qui a porté ce projet auprès de l'hôpital. (video en bas de page) : http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20140801.OBS5294/soins-palliatifs-un-bar-a-vin-s-ouvre-au-chu-de-clermont-ferrand.html.
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Bien noter que ce projet a vu le jour grâce au travail produit en amont par une formidable socio-anthropologue, Mme Catherine Legrand-Sébille : Click.

Et ne pas oublier l'appui constant apporté à cette dame remarquable par l'indispensable association Vin & Société.
Maintenant que va-t-il se passer ?
 «Le bon vin réjouit le cœur de l'homme» dit le livre de Qohelet. (Ecclésiaste).
Mais cette histoire risque de ne pas réjouir du tout celui des prohibitionnistes fanatiques !
 Ces "haïsseurs-de-joie" vont-ils entrer en action et peser de tout leur poids, de toutes leurs forces, et de tous leurs réseaux pour que cette admirable initiative ne voit pas le jour ?
De peur que l'exemple ne devienne contagieux... ou que, dans toute la France, une très grande partie des personnes devant faire l'objet de soins palliatifs ne demandent à être hospitalisées au CHU de Clermont-Ferrand !
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 Et si en plus une amélioration venait à être constatée chez certains malades...
Description de l'image  Hippocrates rubens.jpg.
«Le vin est une chose merveilleusement appropriée à l'homme si, en santé comme en maladie, on l'administre avec à propos et juste mesure, suivant la constitution individuelle» (Hippocrate).
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Chameaux

                           SOBRIÉTÉ = SANTÉ !

Étymologie et sens authentique  Plusieurs  d'entre vous, amis lecteurs, s'étonneront peut-être que nous prêchions la sobriété.    En fait, c'est parce que ce mot a longtemps été l'objet d'un détournement de sens : il est donc temps de rectifier.

 Prenons le dictionnaire historique de la langue française (Robert) :
«sobriéré, n.f, a été emprunté (v. 1180) au latin
impérial sobrietas "tempérance dans l'usage du vin".»
Le mot est «dérivé de sobrius "qui n'est pas ivre"».
 Sobrius étant lui même «composé de se (ou so) privatif et de ebrius qui a donné ivre»... ou ébriété, pourrions-nous ajouter.
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Précisions supplémentaires
 Dans le même dictionnaire, on peut lire : «tempérance, n.f, est emprunté au latin (v. 1250) temperantia "modération, mesure, retenue".»
 Et modération, toujours selon la même source, est «dérivé de moderari» qui veut dire modérer, mots ayant pour racine «modus : "mesure".»
 À noter que la tempérance est considérée depuis l'Antiquité comme  l'une des 4 vertus cardinales.
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Conclusion 
Mettant à profit ces quasi-synonymies et pour éviter de donner des boutons à certaines et certains, on peut remplacer " à consommer avec modération" par " à consommer avec tempérance" ou "avec mesure".
 Ou "avec sobriété".
Ou encore "consommer sobrement".

 Notre point de vue
Effectivement, on peut tenir de sobres propos sans être muet, ou être sobre de mouvements sans pour autant être paralysé.
 Ou encore être sobrement vêtu sans être à poil !
«L'excès en tout est un défaut» (vieil adage).
«Il faut s'abstenir de l'abus sans abuser de l'abstinence» (adage tout récent car nous venons de le forger).

Par contre, si nous préconisons l'authentique sobriété, nous pensons aussi qu'il faut éviter le contresens d'"être sobre comme un chameau" !
En effet, que fait le chameau ?
 Il ne boit pas pendant de longs jours et absorbe des quantités considérables de liquide une fois parvenu à l'oasis.
Il s'agit là du plus parfait modèle de la tendance actuellement observable : abstinence en semaine et démesure une fois le week-end venu.
 Et c'est ainsi, comme nous l'avons maintes fois démontré ici, que la baisse continue de la consommation de vin est corrélée à la croissance exponentielle du nombre de comas éthyliques.
C'est donc clairement contre cette "camélisation" de la consommation que notre action s'exerce sans répit.

Pas de noms : ils et elles se reconnaîtront
Malheureusement, bien que notre pays ne soit pas désertique et que son climat soit considéré comme tempéré, les défenseurs du vin y sont régulièrement confrontés... à de sacrés "chameaux" !
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Resquille perfide (5)

Le vieux lion de l'Aude a rugi jusqu'au bout mais les alcooliers ont fini par gagner.

Roland Courteau ne lâche rien.
 Mercredi dernier, en commission des affaires économiques, le sénateur Roland Courteau (PS), historique œnorésistant parlementaire, avait réussi à rétablir dans sa pureté d'origine l'amendement au Projet de Loi d'Avenir pour l'Agriculture qu'il avait fait adopter en avril dernier : http://www.lindependant.fr/2014/07/16/vin-et-patrimoine-roland-courteau-retablit-son-amendement-initial,1908167.php.

Hélas, en séance plénière, 2 jours plus tard, la majorité de ses collègues présents ont donné satisfaction aux fournisseurs de la matière première nécessaire aux comas éthyliques du week-end ainsi qu'à ceux qu'ils ont manipulé :
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 Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale sera discuté à l'automne.
Alors, dans cette perspective et compte tenu de ce résultat, elles vont pouvoir reprendre, les manœuvres et manipulations visant à l'hyperfiscalisation du vin afin que gagne encore du terrain le système alimentaire "malbouffe quotidienne et binge-drinking hebdomadaire".
 Prolongeant ainsi une évolution qui s'amplifie depuis des décades, au fur et à mesure que régresse la culture du vin.
Un système alimentaire auquel participe largement une entreprise de restauration rapide à sodas-cola diabésitogènes intégrés.
 Une  entreprise appartenant (95%) à l’État par l'intermédiaire d'une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignation.
Une caisse à la commission de surveillance de laquelle siègent... 3 députés et 2 sénateurs.
 Et dont le directeur général, de juillet 2012 à avril 2014 fut un homme qui siégeait au gouvernement lorsque cette acquisition eut lieu c'est à dire pendant le mandat de... M. Nicolas Sarkozy.
Depuis avril 2014, il occupe la fonction de secrétaire général de la présidence de la République.
 Une présidence dont le titulaire a changé entre temps, comme chacun sait !
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Les membres de la Chambre Haute ont-ils individuellement, à quelques semaines de leur renouvellement, eu peur de représailles ?
 On peut se poser la question à la lumière d'un exemple.
Raymond Couderc en février 2010
Le sénateur de l'Hérault Raymond Couderc (UMP) avait lui aussi déposé un amendement visant à inclure le vin -et seulement le vin- dans le Patrimoine Culturel et Gastronomique Protégé de la France ( voir notre article du 14/04/2014 ).
Eh bien les instances dirigeantes de son parti ne lui ont pas renouvelé leur investiture dans le cadre des futures élections sénatoriales, puisqu'il a été évincé au profit du maire de Sète : http://www.herault-tribune.com/articles/23019/-senatoriales-raymond-couderc-candidat-d-ici-candidat-si/ !
 Sète : une ville tout à fait à part dans ce département de l'Hérault à l'identité viticole fortement marquée...
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«Rien à voir, aucun rapport» nous fera-t-on observer.
 Aucun rapport ?
Peut-être...
 Ou peut-être pas...
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En tout état de cause, MM. Couderc et Courteau, au nom de notre culture bimillénaire : MERCI ! Et merci aussi à ceux qui se sont battus il y a 2 semaines à l'Assemblée contre le lobby éthylo-malbouffisant : CLICK.
Que tous soient assurés que nous ne nous découragerons pas : Ce serait les trahir.
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Croyances prohibantes

1) Le contexte

L'actualité semble nous laisser un peu de répit, en ce moment, et cela nous donne le temps de mettre les choses au point concernant certaines allégations naguère proférées et qui participent à constituer un fond d'argumentaire potentiellement réactivable.

 Un fond d'argumentaire que nous devons sans cesse nous attacher à vider de sa substance.
Du moins des parties que nous estimons fallacieuses.
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2) La question de Jacques Dupont
Revenons donc aux propos que tint, le 30/11/2013 dans le cadre du colloque "Vino Bravo", Mme Agnès Buzyn, présidente de l'INCa.
 Et plus particulièrement à la réponse qu'elle apporta à M. Jacques Dupont, excellent défenseur du vin, auteur du remarquable ouvrage intitulé : "Invignez-vous".
Cela se passe de 1h 31mn 20 sec à 1H 35mn 20 sec :  https://www.youtube.com/watch?v=YiYuLR2T6aQ#t=5.
 Mr Dupont, demande s'il existe des études sérieuses concernant la relation entre consommation de vin et occurrences de cancers.
Et rappelle les «49000 morts découvert l'année dernière contre 45000 en 1995» par l'inénarrable Mme Hill, ce qui fait que «plus on boit d'alcool moins on meurt et moins on boit d'alcool, plus on meurt» (en accord avec notre "Mini dosssier" du 26/04/2013 : "Principe de Hill").
 Reprenant ainsi l'observation que nous émettions dans notre notre article "Hier lundi..." dès le 05/03/21013.
Argument qu'il avait déjà utilisé lors de sa confrontation radiophonique avec ladite dame le 16/09/2013 : http://www.franceinter.fr/emission-le-telephone-sonne-questions-sur-le-vin-ce-produit-phare-du-patrimoine-francais.
 Et plus en amont encore dans son article du 08/05/2013 :  http://www.lepoint.fr/vin/contre-l-alcoolisme-le-bon-vin-08-05-2013-1664727_581.php.
Dommage que nous n'ayons indiqué que 3 semaines après ce colloque le fait que pour l'INCa et Mme Hill le nombre de décès par cancer dus à l'alcool avait augmenté de 67% entre 2006 et 2009 (voir notre article "Double langage (2)" du 23/12/2013, à peu prés au milieu).
 Le faire remarquer aurait été encore plus intéressant.
Et M. Dupont concluait sa demande d'«études épidémiologiques sérieuses» ainsi : «je vous rappelle quand même que Mme Hill, dans ses 49000 morts, oublie un peu de déduire ceux qui boivent du vin et qui fument en même temps».
 Excellente remarque qui renvoie à notre "mini dossier" du 15/04/2013 : "Éthylo-tabagisme et cancer des VADS" en lequel nous démontrions que si l'alcool peut générer le cancer des Voies Aéro-Digestives Supérieurs, c'est essentiellement en présence de tabac.
«Oui mais -nous dira le lecteur- il ne s'agit là que du cancer des VADS et il en existe d'autres.».
Patience !
 Nous verrons plus loin que la pertinence de l'observation émise par Jacques Dupont est bien pleine et entière.
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3) Réponse d'Agnès Buzyn
La présidente de l'Institut National du Cancer nous parle de «méta-analyses très robustes» et va rétorquer au journaliste : «par rapport à l'étude que vous demandez, il y a une étude très sérieuse... une étude rétrospective» et cite comme échantillon de référence «des gens qui ne boivent jamais pour des raisons culturelles parfois, religieuses... et on percevait un risque, faible, de l'ordre de 10% du cancer colorectal, de 10% du cancer du sein, dans la population de ceux qui avaient bu par rapport à ceux qui n'avaient jamais bu ».
 Mais, et c'est là que nous en venons un cœur du sujet, elle ajoute, en dessinant du doigt un cercle autour du bas de son visage, «de même on observe une augmentation de 29% du risque ORL entre ceux qui avaient bu et ceux qui n'avaient pas bu. Ce sont des études épidémiologique très robustes».
Quand Mme Buzyn dit ORL, nous pensons qu'elle veut dire VADS, car l'otorhinolaryngologie traite également du nez et des oreilles.
 Et on espère qu'il est encore possible de dire à haute voix le mot "vin" sans se voir accuser de refiler le cancer du tympan à son interlocuteur !
Alors 10% c'était "faible", comme dit Mme Buzyn et ce chiffre est très proche de la proportion de français classée "consommateurs à risque chronique", des personnes qu'il faut repérer et guérir ... comme toutes celles qui souffrent d'addiction à une substance nocive en cas de consommation excessive.
Le sucre par exemple.
 Par contre, 29% c'est plus lourd et pourrait justifier que l'on s'inquiète également des populations classées à risque ponctuels.
Et, de manière beaucoup moins évidente, bien sûr, mais quand même un petit peu aussi, des usagers de la consommation modérée, «dès le premier verre».
 Sauf que nous avons quelques observations à formuler...
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4) Nos observations sur cette réponse
Mme Buzyn ne donne pas les références de l'étude «très robuste» qu'elle évoque.
 Mais nous avons déjà entendu cet argument et nous savons de quoi il s'agit.
En 2007 paraissait une étude arborant fièrement les logos du réseau NACRe et de l'INCa intitulée "Alcool et risque de cancer".
 Sa rédactrice première citée était Paule Latino-Martel que nous connaissons bien depuis "l'affaire de la brochure".
Dans le comité de relecture-validation on trouve quelques-uns des plus terribles œnophobistes de l'ombre.
 On y trouve ceci (1° colonne, page numérotée 17) : 
«Certaine études ont été menées sur des populations traditionnellement abstinentes (Adventistes* et Mormons*) : le taux de cancer de la cavité buccale, du larynx ou de l’œsophage chez les Adventistes est très faible par rapport à une population non-adventiste [Wynder, 1959]; de même le taux de cancer de la cavité buccale, du pharynx,  de l’œsophage ou du larynx chez les Mormons est plus faible comparé à celui des non-Mormons dans l'Utah [Lyon, 1980   ]».
Or :
  • Les Adventistes -ou plutôt Adventistes du 7° jour- s'abstiennent «de toutes viandes, poissons, boissons alcoolisées ou produit contenant de la caféine (les boissons telle que le coca-cola par exemple), des condiments forts et des fromages fermentés, café, thé, tabac et tout autre stupéfiant» : CLICK (au 2/3 de la page).
  • Quand aux Mormons (voir gravure en haut de page représentant la première vision de leur prophète fondateur, Joseph Smith), si la viande et le poisson leur sont autorisés,  ils «ne boivent pas d'alcool, de café ou de thé et s'abstiennent de toutes substances nocives y compris le tabac» : CLICK (début de texte).

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5) Nos conclusions
  a) Ces groupes humains ne fument donc pas et tout scientifique sérieux admettra que là est la principale raison pour laquelle ils sont préservés du cancer des Voies Aéro-Digestives Supérieures.
 b) Utiliser cette comparaison pour "faire porter le chapeau" au vin nous semble relever de la carabistouille manipulatrice.
  c) Nous respectons toutes les croyances, opinions ou options philosophiques.
Ce respect nous impose d'admettre que certaines d'entre elles comportent quelques interdits alimentaires.
 Mais en retour chacun doit admettre que, chez les presqu'œnolâtres que nous sommes, au moins l'un de ces interdits éveille un fort sentiment de compassion à l'égard de leurs fidèles... et à la lointaine postérité de ces derniers pour les raisons que nous avons exposées dans notre article "L'oeuf et la poule".
 Et que par conséquent nous ne souhaitions pas franchement un brillant succès à leurs actions prosélytiques éventuelles.
 Non plus qu'à celles de tout prosélytisme œnophobique... qu'il soit laïque ou religieux !
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6) Notre question à Mme Buzyn
Utiliseriez vous les mêmes études (Wynder 1959 et Lyon 1980) pour mettre en cause le thé et le café de la même manière ?
 
Pour mémoire, quelques autres articles parus ici concernant les propos de Mme Buzyn :
 04/12/2013 : Double langage (1)
 22/12/2013 : Double langage (2)
 06/01/2013 : Continuer...
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