Super C.A.M.E. (1)

Avertissements :
  1. C.A.M.E est l’acronyme de « Cause Absorbable de Mortalité Evitable ».
  2. Pour en savoir plus sur ce sujet, lire notre fiche : http://www.honneurduvin.info/article-causes-absorbables-de-mortalite-evitable-117905437.html.

Ayant indiqué sur cette dite fiche, après en avoir donné les raisons, que nous qualifierions désormais les sodas de « super-cause absorbable de mortalité évitable », nous ajoutons ici que, pour des raisons de commodité, nous abrégerons souvent cette qualification en « Super-C.A.M.E ».

.
Préambule de la série Super-C.A.M.E

Cette série va s’articuler autour du documentaire d’Olivia Mokiejewski (fille de Jean-Pierre Mocky) «Coca Cola et La Formule Secrète» dans la collection « L’Emmerdeuse:

 http://www.youtube.com/watch?v=GqrPinpS15E.

.
Nous utiliserons également cet article du 09/01/2013 qui, pour ceux qui n’auraient pas le temps de le visionner, est un assez bon résumé du documentaire en question (sauf que sur la fin ça dérape un peu) :
.
Nous nous référerons également à cet autre du 31/01/2013 :
.
Et nous rappellerons également à nos lecteurs nos fiches « Rien que des faits » et  « Madame Hébel ».
.
 Autant dire que nous parlerons de nocivité, d’influence médiatique et aussi de… fructueux « partenariats recherche-entreprises ».
.
BONUS
 L’écrivain-vigneron Jean Clavel, co-fondateur de notre association et toujours très actif en son sein nous délivre sur son blog un message d’espoir à la lumière réconfortante de ce qui se passe actuellement en Amérique du Sud :
.
.
                                                                                                                 (À suivre)
.
.
 

Avertissement pour les jours prochains

La situation change beaucoup en ce moment et tout à fait positivement.
 Beaucoup de parlementaires de la majorité s’expriment dans le sens de la sauvegarde de ce bimillénaire élément de notre patrimoine culturel et gastronomique : le vin.
.
 Nous ne pouvons tous les citer et nous nous contenterons de mettre en évidence celui que nous considérons comme une icône de la défense du vin c’est à dire le sénateur Roland Courteau.
 On peut aussi se reporter à la page de son blog consacré aux récents événements :
Cela étant dit, chaque fois que nous parlons de Mr Courteau, il convient de souligner que de notre mémoire ne s’effacera jamais celui qui joua un rôle tout aussi important en ce début de XXI° siècle, c’est à dire le regretté Paul-Henri Cugnenc.
.
  Évidemment, nous ne nous berçons pas d’illusions et ne considérons la situation actuelle que comme une pause : la menace n’a pas fini de rôder.
 Mais, n’oubliant pas que le poste que nous nous plaisons à occuper est celui de « défenseur contre-attaquant », nous allons mettre cette pause à profit pour mener une incursion dans au  cœur des lignes adverses, là où se cache le Binge Drinkin & Junk Food Lobbystic System.
.
  Au cours de la séquence qui vient de se produire, nous pensons avoir abondamment évoqué les connexions entre les réseaux œnophobes et les industriels pourvoyeur de débauches éthyliques.
 C’est pourquoi nous nous intéresseront d’avantage dans les prochains jours aux produits que distribuent les malbouffisants diabésigènes. En particulier les produits liquides.
.
 Cela non pas à partir de lundi prochain, comme nous avons coutume de le faire, mais à partir du lendemain pour cause de Pentecôte.
.
.
 

Flash

Excellente nouvelle !

 Il existe encore des parlementaires qui ne sont pas près de se laisser manœuvrer par des études disons… approximatives : http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/rebsamen-dautres-s-nateurs-ps-oppos-s-un-projet-taxe-vin-378305.
.
 Cela dit, il en est certains dont nous n’avons jamais douté :
 Compte tenu de cette actualité, après réflexion d’opportunité, nous suspendons la publication de notre série « Failles »… sans que ce soit définitif, bien entendu !
 Car nous en avons encore sous le pied…
.
.
 

Failles (5)

Pour exécuter la tâche qui lui a été confiée, Mme Catherine Hill est à présent d’un grande prudence.

Petit rappel de culture générale :
 En langage familier, il arrive qu’on parle de « prudence de sioux », du nom d’une célèbre tribu indienne dd’Amérique du Nord dont Sittig Bull fut un des chefs les plus célèbre.
 Il arrive aussi qu’on parle de « ruse de sioux », cette seconde expression étant probablement due au fait que «le mot « sioux » provient de l’expression « nahdossiou » qui, en langue Ojibway, signifie « serpent tricheur »…». Du moins selon ce site : Click.
.
 La prudence de Mme Hill l’amène depuis quelque temps à ne pas être très précise concernant le rôle que joue le tabac dans la mortalité due au cancer des Voies Aéro-Digestives Supérieures excepté en ce qui concerne le cancer du poumon.
.
Il faut toutefois remarquer que cette circonspection est assez récente.
 En effet, en 2009, Mme Hill, accompagnée de Mme Doyon et de Mr Moussanif, publiait une étude sur «l’évolution de la mortalité par cancer en France de 1950 à 2006».
.
 Deux tableaux en ont été utilisés par L’Institut National du Cancer, lesquels tableaux s’intitulent respectivement :
et
.
 Nous allons tout de suite constater une première originalité : par exemple (et ce n’est qu’un exemple [1]), en ce qui concerne les hommes, 76% des cancers du larynx sont dus au tabac et 57% à l’alcool, soit un total de 133% : ça fait un peu beaucoup !
.
 D’autant plus que d’autres facteurs de risque sont à prendre en considération tels, entre autres, que les prédispositions génétiques, certains environnements professionnels, les traitements par rayon ionisants ou les infections virales (papillomavirus notamment).
 Sans oublier la pollution urbaine qui, selon l’OMS, tue presque 2 fois plus que l’alcool dans les pays à haut niveau de vie (Global Health Risks, p. 11). [2 et 3]
.
 Maintenant munis du document ci-dessus numéroté 2, reprenons l’étude «Mortalité attribuable à l’alcool en France», étude datée de cette année et portant sur 2009 : http://www.invs.sante.fr/content/download/64387/251811/version/8/file/BEH_16_17_18_2013.pdf, pages 163 à 168.
 Et après examen du « Tableau 1″, livrons nous à une petite comparaison.
D’après Mme Hill et ses différents co-rédacteurs, on peut constater qu’entre 2006 et 2009 le taux de mortalité attribuable à l’alcool par cancer du larynx est passé de 57% à 60% et le nombre de décès de 726 à 745, soit une augmentation d’environ 1,03%, c’est à dire à 0,34% par an.
 Pendant que la consommation de vin diminuait de 0,22%/an.
.
Le  principe de Hill se trouve donc confirmé et on voit les dégâts que provoque désormais la baisse de consommation du vin !
Des mesures apte à relancer celle-ci semblent devoir donc être prises en urgence : pourquoi pas par le biais d’un allègement fiscal ? [4]
.
 Si un peu plus haut nous avons employé le mot « désormais », c’est qu’il n’en a pas toujours été ainsi.
.
                                                                                       (À suivre)


[Notes de bas de page]
 
[1] Autre exemple portant toujours sur la mortalité par cancer : un simple calcul mathématique montre que pour la population totale et concernant le groupe « cavité buccale-pharynx », entre 2006 et 2009 la fraction attribuable à l’alcool est passée de 71% à 74%.soit une augmentation de 0,75%/an.
 
[2] On peut lire sur le site du Groupe Coopérateur Multidisciplinaire en Oncologie que «la fumée est la cause principale du cancer du larynx ; cette cause est aggravée par la consommation conjointe d’alcool».
 Cela nous ne l’avons jamais nié et en profitons pour rappeler que le vin est par excellence la boisson alcoolisée qui se consomme au cours des repas, moment où généralement les fumeurs s’abstiennent de fumer.
 
[3] Nos cousins ne sont pas soumis au dogme taxœnomane de « l’adaptation au contexte national ».
Lire cette phrase : «Touchant presque exclusivement les fumeurs, le cancer du larynx tue toutefois moins que le cancer du poumon.» sur le site de l’Association d’otho-rino-laryngologie et de chirurgie cervico faciale du Québec. 

[4] Le manque à gagner pour l’État pourrait largement être compensé si la première cause de mortalté évitable n’était pas considérée comme « de première nécessité »… du moins du point de vue de la TVA. 
.
.
.
 
 

Infos entre « Failles »

 Il suffit de taper les mots « vin, taxes et sénat » sur un moteur de recherche pour se rendre compte qu’est désormais à l’ordre du jour la question qui nous préoccupe depuis quelque temps.
.
  À titre d’exemple, nous avons choisi :
;
;
 Les lecteurs de ce blog auront remarqué que dans les deux premiers exemples les noms de deux membres des réseaux Got, c’est à dire en l’occurrence Mme Hill et Mr Karsenty.
.
 Les trois articles n’incitant pas franchement à la bonne humeur, il convient d’essayer un tant soit peu de compenser par :
 2) un communiqué digne et efficace :
;
 3) un avis précieux et très sympathique :
 Sympathique à tel point qu’il nous amène en l’occurrence à renforcer encore nos défenses contre la tentation d’immodestie.
 Celle qui ne renonce jamais.
.
.

 

Failles (4)

Dialogue imaginaire entre un candide qui voudrait savoir et le porte parole de dames qui savent tout

.
Le candide : Il y a une chose que je ne comprends pas.
 On peut souvent lire que Mme Hill déclare à qui veut l’entendre (et même au delà) que, concernant l’alcool, «même à la dose de 13g par jour… les effets maléfiques l’emportent sur les effets bénéfiques».
 On peut même la voir tenir ces propos.
D’autre part, il est aisé de constater (voir http://www.honneurduvin.com/failles-2/) que les études récentes qu’elle a signé ou co-signé n’apportent rien de nouveau et reposent in fine sur celles qu’elle a publié en 1991 avec Mr J-P Pigon ou sur son article « solitaire » de 2000 :
 Or si je prends cet article à la page 16, en haut à droite je découvre deux courbes très semblables (tableaux 6 et 7) au dessous desquels je peux lire ce commentaire de Mme Hill :
 «…les études de cohorte montrent une relation en forme de U entre la consommation d’alcool et la mortalité globale. Ceci provient d’un effet bénéfique d’une consommation modérée d’alcool sur le risque cardio-vasculaire. L’étude de 490 000 Américains suivis 9 ans [6], comme l’étude de 12 000 médecins anglais suivis 14 ans [7], montre un risque de décès minimum chez les sujets, hommes ou femmes, qui boivent un peu, c’est-à-dire 1 à 2 verres de vin par jour ou l’équivalent en terme d’alcool pur (figures 3 et 4).
Le risque est nettement plus élevé chez les sujets qui ne boivent aucune boisson alcoolisée, et chez ceux qui boivent une bouteille de vin ou plus (75 cl soit 7 verres et demi) par jour. Le fait de boire modérément est aussi bénéfique chez les femmes que chez les hommes
 N’y a-t-il pas contradiction ?
.
Le porte-parole : Il faut taxer le vin.
Aucune contradiction !
Il faut taxer le vin.
 La réponse est dans votre question : les études citées par Mme Hill ont été réalisées sur des cohortes d’anglais et d’américains.
Il faut taxer le vin.
 On voit bien, et Mme Hill le confirme dans ses propos, que c’est à partir de 7 verres par jour que les effets négatifs l’emportent et c’est la raison pour laquelle, en Angleterre, les buveurs moyens ne dépassant pas 6,7 verres quotidiens, le bilan de l’alcool est positif . Voir : http://www.honneurduvin.com/failles-3/.
Il faut taxer le vin.
.
Le candide : Ce raisonnement ne vaut-il pas pour la France ?
.
Le porte-parole : Il faut taxer le vin.
  »Qui dit France, dit différence » !
Il faut taxer le vin.
 Déjà, en 2009, Mme Latino-Martel, membre du système complexe UFR-SMBH-université de Paris 13-UREN-UMR Inserm (U557)/INRA (U1125), disait en substance aux français que «toute consommation d’alcool et notamment de vin était déconseillée».
Il faut taxer le vin.
 Cette exception s’explique par la particularité du contexte français, au nom duquel certaines « adaptations » des recommandations internationales sont opérées.
Il faut taxer le vin.
.
Le candide : En quoi consiste cette particularité ?
.
Le porte-parole : Essentiellement dans la puissance locale du Junk Food & Binge Drinking Lobbystic System.
.
Le candide : Cela suffit-il à expliquer que les français doivent être traités comme des êtres humains différents ?
.
Le porte-parole : Absolument !
C’est d’ailleurs un fait internationalement connu (il faut taxer le vin) : souvenez-vous du titre de cet article du Decanter : «France, where wine is damned».
.
Le candide : Vous répétez sans cesse qu’il faut taxer le vin, mais, sachant que ce produit est déjà affecté d’une TVA largement supérieure à celle des produits reconnus par les rapports internationaux comme nettement plus dangereux, par exemple les boissons sucrées, ne peut-on considérer que c’est déjà le cas ?
.
Le porte-parole : Ça commence à m’énerver d’être obligé de le répéter encore une fois : les rapports internationaux, on s’en fout !
 POUR LES FRANÇAIS C’EST DIFFÉRENT !
Toi y en a compris, maintenant ?
  Par contre, sur le fond de votre question, vous n’avez pas tout à fait tort : disons qu’il faut sur-taxer le vin.
.
Le candide : Vous parliez tout à l’heure de Mme Latino-Martel.
 Je me souviens de ses propos en 2009, lesquels avaient été largement largement repris par la presse.
Mais il faut dire aussi que, et ce n’est sans doute pas sans rapport, que les exportations françaises de vin avaient connu cette année là un net fléchissement. Voir : http://www.honneurduvin.info/article-exportations-de-vin-2009-atypique-article-09-12-11-rafraichi-114974364.html.
 Faire entrer un peu d’argent dans les caisses de l’État en employant des moyens qui en coûtent beaucoup au pays, est-ce bien judicieux ?
.
Le porte-parole : Ooooooh ! Je sens que j’vais m’le faire ! J’vais m’le faire le p’tit asticot !
Est-ce que j’t'en pose, moi, des questions perfides ?
 Est-ce que j’te demande ce que tu proposes, toi, pour que soit maintenu le financement de l’Industrie des Études et Recherches en tout Genre ?
 Ce qui risque d’advenir du budget « publicité et partenariats » de l’économie malbouffisante si elle cesse progresser et cela parce qu’on aura correctement répercuté tes chères études internationales ?
 Et que les systèmes officiels de prévention nutritionnelle auront été obligé d’en tenir compte dans leurs recommandations ?
.
 Fin de l’entretien !
IL FAUT LOURDEMENT SURTAXER LE VIN ET PIS C’EST TOUT !!!
.
 Et maintenant, DÉGAGE !
Va retrouver la bande d’ »Honneur du Vin » !
 Ça m’étonnerait pas que tu sois leur copain…»
.
.
BONUS
 Bonne nouvelle ! Nos lecteurs vont pouvoir découvrir sur le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire du 7 mai dernier, de la page 163 à la page 168, la version intégrale de l’étude «Mortalité attribuable à l’alcool en France en 2009» gratuitement et en français :
 Il pourront notamment vérifier que :
 1) ce qui permet à Mme Hill et à ses co-rédactrices dont Mme Laplanche est l’ouvrage « Hill C, Laplanche A. La consommation d’alcool est trop élevée en France. Presse Med. 2010″. Ouvrage dont la reproduction, hélas, reste interdite.
     (premier paragraphe de l’introduction p.163 et première référence p.167, note [1])
 2) notre traductrice a bien fait son travail : selon ces dames l’effet de l’alcool est bien «nocif» en France et «protecteur» au Royaume Uni… pays où il est consommé en plus grande quantité que dans le nôtre (+ 5%) !
     (p. 167, bas de la 1° colonne et haut de la 2°, chapitre «Comparaison avec d’autres pays»)
  « Encore un effort, camarades… »
.
Bémol au bonus
 On aura remarqué, bien sûr, qu’au travers de son éditorial et de la compilation d’articles présentés dans ce BEH, l’Institut national de Veille Sanitaire s’inscrit dans la campagne en cours.
 Il contribue même à l’entretenir. La preuve : cet article du Monde… dont nous devons quand même un peu  nous féliciter, puisque c’est sa lecture qui nous a permis de découvrir l’objet du « Bonus » ci-dessus.
 Merci au bénévole qui nous l’a transmis samedi dernier !
.
 Aucun doute : le harcèlement n’est pas près de s’arrêter.
Et il est fort probable que très peu d’organes ou d’organismes dont le budget est substantiellement alimenté par la manne publique manqueront à l’appel. Voire aucun.
 Chacun prendra bien soin de participer de manière bien visible à la meute dans l’espoir de combler son appétit au moment de la curée.
.
 Mais cela étant dit, nous n’en sommes pas encore à l’ »hallali« .
Néanmoins, il est vrai qu’en ce moment on entend beaucoup de « taïaut ».
 Auxquels nous ne manquons pas de répondre ainsi que le fit l’écho !
.
.
.
 

Failles (3)

PRÉAMBULE 

Il est frustrant pour nous, amis lecteurs, de ne pouvoir vous communiquer les documents acquis dans l’intégralité de leur textes.

 Les règles concernant la propriété intellectuelle telles qu’exposées dans les conditions générales de vente sont extrêmement draconiennes, y compris parfois concernant les citations partielles.
.
 Concernant ce dernier point, nous aurions pu parfois, nous appuyant sur les textes en vigueur régissant la protection du droit d’auteur, aller un peu au delà des clauses indiquées et attendre sereinement le procès.
 Mais nous avons très peu de temps et d’énergie à distraire de l’objet principal du combat dans lequel nous sommes engagés.
.
 Aussi, nous voyons nous contraints de vous demander de nous faire confiance quant à la lecture que nous faisons desdits documents.
.
 À ceux qui s’y refuseront, nous n’avons hélas d’autre choix que de conseiller l’acquisition par eux même des publications concernées, pour vérification.
 Parmi ces derniers, ceux qui seraient en désaccord avec nous sont cordialement invités à nous le signaler,
directement sur notre adresse électronique (honneurduvin@gmail.com) ou mieux, afin que l’ensemble de nos lecteurs puisse en profiter, en postant un commentaire sur ce blog, sachant tout de même que celui-ci ne pourra être publié que dans la mesure où sont prises en compte les contraintes que nous venons d’évoquer.
.
ARGUMENT
 Revenons à présent à l’étude de Mmes Hill et Laplanche, article et qui est parue en  2010 dans une revue américaine, PubMed, sous le titre [The French drink too much alcohol], et dans Presse Med sous le titre « La consommation d’alcool est trop élevée en France ».
 Comme nous le disions dans notre précédent article, ce document qui sert de référence dans l’étude «Alcool-attributable mortality in France» publiée cette année dans l’European Journal of Public Health.. ne parle presque pas de mortalité : seulement dans la dernière partie de la dernière phrase !
 En fait, son objet semble plutôt être de contester les données du World Drink Trends 2005 qui donnait pour 2003 en France une estimation de 20g d’alcool mis à disposition par jour et par habitant pour proposer plutôt, multiples arguments à l’appui, une quantité de 29g, ce qui, autres développements aidant, se traduire in fine par une affirmation selon laquelle les buveurs (sic) consommeraient en moyenne 64g par jour pour les hommes et 45g pour les femmes.
 Nous n’allons pas perdre de temps à réfuter les arguments avancés (nombre d’abstinents, ceux qui se disent abstinents sont sincères alors que ceux qui de revendiquent consommateurs sont des menteurs quant à leur volume de consommation, contestation partielle de la prise en compte des achats trans-frontaliers et de la consommation par les touristes étrangers,…)…
 Tout ce qui a conduit Mme Hill à avoir «multiplié la consommation déclarée par 2,4 pour l »ajuster à la consommation estimée par les ventes» comme elle le déclare dans un article récent du Monde. Soit.
.
 Mais si ces arguments sont valables pour la France, à l’évidence  ils le sont a fortiori pour des pays moins exportateurs de boissons alcoolisées et qui accueillent moins de touristes, n’est-ce pas ?
.
 Or, dans « La consommation d’alcool est trop élevée en France », Mmes Hill et Laplanche nous disent elles même que le World Drink Trends donne 21g d’alcool mis à disposition par jour et par habitant au Danemark et au Royaume-Uni… contre 20g pour la France (voir plus haut). Soit 5% de plus.
 Une simple « règle de trois » nous apprend donc que selon ce raisonnement, les «buveurs» dans ces deux pays devraient consommer un peu plus de 67g/jour et les «buveuses» un peu plus de 47g/jour.
.
  À ce moment, est venu le moment de se souvenir que la presse, il y a un mois, se faisait largement l’écho des travaux de Mmes Guérin, Laplanche, Dunant et Hill en mentionnant bien que la mortalité attribuable à l’alcool était, par exemple, 13 fois plus élevée en France qu »au Danemark.
 Ladite presse n’a rien inventé !
Voir l’avant-dernière page imprimée de ce document ;
.
Mais dans cette dernière publication, on peut voir également que, pour les hommes britanniques, les taux de mortalité sont affectés d’un coefficient négatif (-1% Britton 2003, -3% White 2004) !
.
 Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?
 Eh bien, nous allons laisser Mme Hill répondre elle même.
.
 Du document que nous venons de citer, rappelons le, nous pensons qu’il peut tout à fait être considéré comme la préfiguration de l’étude «Alcool-attributable mortality in France» publié à l’Eur J Public Health, notamment après en avoir lu la première page.
 Alors voyons ce que dit l’étude «Alcool-attributable mortality in France»  à ce sujet.
Par traducteur-expert devant les tribunaux, comme à notre habitude, nous avons fait traduire le chapitre « Comparison with other countries ». En voici un large extrait :
.
La proportion des décès imputables à l’alcool dans la population masculine française est de 13 %, taux bien plus élevé que dans les autres pays ;

Il est, par exemple, de… 1% en Allemagne de l’Ouest et au Danemark et de -2,8 ou- 0,8 % au Royaume-Uni, où l’alcool joue un rôle protecteur….


Les effets bénéfiques de l’alcool en Angleterre et au Pays de Galles peuvent être directement comparés à ceux très négatifs de l’alcool en France étant donné que les méthodes utilisées sont pratiquement identiques.

.

Donc, si l’on comprend, bien, l’alcool est particulièrement meurtrier chez les français qui en consomment moins que les britanniques auxquels le même alcool procure des effets bénéfiques et cela à tel point qu’il réduit la mortalité d’autant plus qu’ils en consomment d’avantage !

.

 Phénoménal, non ?
.
 Alors, on nous répondra sans doute que c’est normal, que c’est l’effet du non-passage du nuage de Tchernobyl en France, que les britanniques sont génétiquement très différents de nous, qu’ils ont brûlé Jeanne d’Arc, qu’à chaque tournoi des VI Nations ils ne font rien que de tricher, etc… etc…
 Peut-être même un chercheur britannique nous expliquera-t-il que cela vient en fait de l’ingurgitation d’escargots ou de cuisses de grenouilles en association avec le vin : synergies fatales !
 S’il est un intérêt à concéder aux travaux de Mme Hill, c’est bien celui d’ouvrir un champ immense à l’imagination…
 On peut même, cela vient quasiment de nous être prouvé, démontrer que la culture du binge drinking est salvatrice alors que celle de la consommation régulière et modérée de polyphénols est délétère.
 Ce sont les alcooliers qui vont être contents !
Applaudissements des réseaux Got !
 Reste un petit problème : selon l’OMS, l’espérance de vie en France est supérieure à celle observable au Royaume-Uni.
 Voir pages 54 et 58 :
.
 Mais « pas de souci », comme disent les jeunes : Mme Hill va résoudre ce détail en 2 coups de cuillère à… absinthe ! Envoyez les crédits d’études !
.
 Ce pourrait être une conclusion, mais pour notre part, c’en est une autre que nous tirerons pour le moment.
.
CONCLUSION
 Il est regrettable qu’une grande partie des médias se précipitent sur la première étude venue sans en vérifier le sérieux et s’en servent pour créer un véritable traumatisme dans l’opinion apte à générer un véritable effet nocebo.
 Mais peut-être, tout en douceur, leur a-t-il été expliqué que, dans la période actuelle, s’ils voulaient que soient maintenus les subventions aux journaux et les avantages fiscaux aux journalistes, il fallait bien trouver l’argent quelque part…
 Il aurait bien sûr été imaginable aller chercher une source de recettes dans la remise à niveau de la fiscalité appliquée à la première cause de mortalité évitable, mais on aurait probablement eu beaucoup plus de mal à obtenir l’accord des services « ventes d’espace publicitaires ».
  Rappelons que la malbouffe mortifère n’est pas soumise à la loi Évin et ne connaît pas d’entraves à sa stratégie de communication…
 Et que les démoniaques sodas-colas, puissants moyens à l’appui, ont bien l’intention de continuer à se substituer au « divin breuvage » sur la table des français.
.
 BONUS
Voir sur une chaîne de télévision très regardée qui n’hésite pas à passer de la publicité malbouffisante aux heures de grande écoute l’intervention du célèbre alcoologue Philippe Batel.
 Noter comment (tout en cautionnant les 49000 morts) il semblait décidé à s’en prendre surtout au binge drinking, ce qui semble logique quand on aborde la problématique du rapport des jeunes à l’alcool.
 Et comment les animateurs le ramènent constamment, au travers de questions orientées (« Çà commence dans la famille…», «C’est dans notre culture…»,…) vers le cas particulier du vin ce qu’il finira par faire non sans réserve ni réticence, il faut le reconnaître.
 Les 6° premières minutes :
    Relire aussi le commentaire de notre lecteur en réaction à notre article du 12 juillet dernier.
.
SUPER-BONUS
 Voir ci-après en vidéo Mme Hill parler des dangers de l’alcool dès 13g (du moins pour les français) et puis aussi de taxes et de vin :
 En n’oubliant pas, bien sûr, que le vin est affecté d’une TVA entre 3 et 4 fois supérieur à celle qui est appliquée aux sodas dont nous avons démontré maintes fois qu »au regard des rapports internationaux (occultés ou déformés en France); ils sont beaucoup plus mortifères.
.
.
 

Failles (2)

Bien entendu, compte tenu des règles en vigueur, nous ne pouvons mettre à la disposition des lecteurs l’étude publiée dans l’European Journal of Public Health (EJPH), étude que nous avons acquise « Alcool-attributable mortality in France« .

  Ce que par contre nous pouvons dire, c’est qu’à nos yeux son contenu offre un grand nombre de similitudes avec ce document libre d’accès et produit par les même auteurs : « Mortalité attribuable à l’alcool en France ». Lequel semble bien en avoir été le prototype.
………………………………………………………………………………………………………………………………..
 Quelques différences existent cependant.
Ainsi, par exemple, dans la version IGR (Institut Gustave Roussy), la référence concernant la mortalité des français attribuable à l’alcool est une mystérieuse «Guérin 2013» qui laisse à penser qu’en l’occurrence on assiste à une auto-citation de l’étude par anticipation.
 Par contre, dans la version EJPH, la référence concernant cette même problématique est portée en tant que : «Hill C, Laplanche A, [The French drink too much alcohol], Presse Med 2010;39:158–64».
 Une étude dont voici le résumé en français :
.
 De cette dernière nous avons également acquis le texte intégral.
Celui-ci porte essentiellement sur un certain nombre d’affirmations concernant le volume d’alcool consommé en France : à ce titre il comporte un certain nombre d’éléments intéressants sur lequel nous reviendrons.
 Par contre, concernant «les estimations de la mortalité totale» attribuable à l’alcool, on ne trouve rien, sinon tout à fait à la fin, dans la dernière partie de l’ultime phrase, une double note, [22, 23], qui renvoie à 2 ouvrages… qui portent tous deux la signature de Mme Hill.
 Et qui ne sont pas tout jeunes puisque :
le 22 qui concerne une étude menée en collaboration avec Mr J-P Pignon, laquelle a été publiée en 1991 et portait sur l’année 1985. En voici l »‘abstract » : Click.
le 23, nous le connaissons déjà bien, c’est un article, il a été publié en 2000 et porte sur une étude finalisée en 1995.
.
Le [22] nous donne un total de 52 000 décès pour 1985 tandis que le [23] n’en compte plus que 45 000 en 1995, soit une baisse d’environ 13,5%.
En moyenne 1,35% par an. Relativement cohérent avec la tendance observée en matière de volume d’alcool consommé.
.
Et c’est essentiellement sur cette base, cette fois ci en pleine incohérence avec la susdite tendance, que Mme Hill nous dit que la mortalité attribuable à l’alcool en France est repartie à la hausse entre 1995 et 2009 !
 De 45 000 on passe à 49 000 : presque 9% soit environ 0,6% par an !
.
 En quelques mots, c’est à peu près comme si on nous indiquait : «Je vous disais 52 il y a 22 ans, 45 il y a 13 ans et c’est ce qui me permet avec certitude de vous dire 49 aujourd’hui».
.
Pas très sérieux tout ça !
.
Cela dit, nous aussi pouvons avoir de l’humour comme en témoigne notre fiche .
.
 De manière générale nous n’avons rien contre l’humour loufoque, mais en l’occurrence il nous est difficile de parvenir à la plus franche des hilarités.
 En effet, nous ne pouvons oublier que l’étude publiée dans l’European Journal of Public Health (étude que certains pourront éventuellement considérer répondre à la circonstance et avoir été bricolée hâtivement) a permis à Mme Hill de demander la taxation du vin en point d’orgue de son audition au Sénat par la commission « Fiscalité comportementale » de la Mission d’Évaluation et de Contrôle de la Sécurité Sociale (MECSS). 
 Pratiquement un mois après une intense campagne médiatique orchestrée sur la base de cette même étude.
 Voir notre article : « Nous y voilà ».
.
Cela dit, nous aussi pouvons avoir de l’humour comme en témoigne notre fiche : « Nocebo ».
.
                                                                                                          (À suivre…)
.

Dernière minute : bruissement aujourd’hui même dans les médias autour de 2 études concernant l’alcoolisation croissante des collégiens et lycéens.
  À noter : nous sommes heureux de signaler que nous n’avons pas, à l’heure qu’il est, trouvé pour illustrer ces articles de photos du genre habituel : « décalées » quant au type de boisson concernée.
 Et nous permettons de faire remarquer que les générations émergentes, et cela depuis déjà assez longtemps, n’ont pas connu le vin quotidien sur la table familiale, sauf exceptions.
 Cela ne nous empêchera pas de nous pencher avec attention sur les documents de référence et de procéder éventuellement à certaines précisions… quand nous aurons le temps.
 Parce qu’en ce moment…

 

Failles (1)

   Imaginons :
1) que, de par votre fonction, vous soyez soucieux du degré de notoriété d’une revue scientifique,
2) que l’on vous propose de publier une étude portant sur l’évaluation d’un phénomène dans un pays donné,
3) qu’il soit incidemment porté à votre connaissance qu’une fois la publication effectuée, elle serait reprise par une très grande partie des médias et cela grâce au savoir faire d’un système de communication extrêmement performant. Par exemple dans un but fiscal.
 Alors, considérant le surcroît de visibilité ainsi octroyé,  vous serez bien évidemment tenté d’accepter.
Peut-être même avec enthousiasme.
 Dans ce cas, attention !
Comme l’amour rend aveugle, l’enthousiasme tend à dissimuler certaines imperfections, voire certaines failles.
 Et à compromettre ainsi la rigueur de certains examens, la crédibilité de certaines lectures…
………………………………………………………………………………………………………………………………..
 Comme chacun peut le faire, nous nous sommes procuré, moyennant paiement et à l’endroit prévu à cet effet, le « full text » de l’étude « Alcool-attributable mortality in France«  publiée par Mmes Guérin, Laplanche, Dunant… et Hill.
 Et certains éléments nous ont laissé perplexes, interrogatifs… et parfois révoltés !
………………………………………………………………………………………………………………………………..
 Ne manquez pas cette série « Failles » : vous y découvrirez les bases biscornues sur lesquelles il est préconisé de «taxer le vin».                
…………………………………………………………….(À suivre)


 

3 points… + 1

 Trois points nous paraissent importants à souligner avant d’approfondir le débat résultant de la position de Mme Catherine Hill demandant la sur-taxation du vin à l’occasion de son audition dans le cadre de la Mission d’Évaluation et de Contrôle de la Sécurité Sociale sur le thème de la fiscalité comportementale :


 1) on peut constater (sa 3° prise de parole : Click) que Mme Hill était particulièrement impatiente d’aborder le sujet puisque c’est avant même qu’elle ait été interrogée par quiconque concernant l’alcool qu’elle en prend l’initiative, abrégeant abruptement sa réponse à  une question portant sur le tabac.

2)«Comparé au tabac, l’alcool est donc très peu taxé sous la plupart de ses formes : le droit de consommation sur l’alcool rapporte 4 fois moins que le droit de consommation sur le tabac. Dans ces conditions, il est temps de se pencher sérieusement sur la fiscalité des boissons alcoolisées les plus consommées.»
 C’est bien à un alignement sur la fiscalité du tabac que pense Mme Hill : un véritable génocide du vignoble français !

3) «En terme de prévention des cancers, il convient essentiellement d’éviter l’obésité et le surpoids. Le reste relève de la science-fiction ou de la malhonnêteté intellectuelle.»
 Le cancer est la 1° cause de mortalité en France :
 Pas de proposition fiscale concernant l’alimentation obésigène, Mme Hill ?
Ne serait-il pas pertinent, par exemple, de taxer les boissons sucrées bien plus que les boissons alcoolisées, sachant que, selon le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer, les premières sont « à éviter » (3° recommandation) alors que les secondes sont simplement « à limiter » (6° recommandation) :
 Par ailleurs, nous jugeons regrettable que seule l’estimation la plus alarmante concernant le nombre de cancers «liés à la consommation d’alcool en France» ait été porté à la connaissance des membres de la mission.