
Effectivement il est logique de se demander pourquoi ne pas avoir directement
taxé à la base la molécule qui pose problème (C12H22O11),
ce qui induirait que la fiscalité "de comportement" serait
alors en accord avec les propos que tenait Adam Smith dès le Siècle
des Lumières : « Le sucre, le rhum, le tabac sont des produits
universellement consommés mais nulle part nécessaires à
la vie, ils s'avèrent donc particulièrement propices à
la taxation ».
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/obesite-de-lenfant-faut-il-taxer-les-boissons-sucrees_18900/
(voir dernier paragraphe en particulier mais ce qui précède n'est
pas inintéressant).
Adam Smith devait pressentir les résultats d'études qui allaient
suivre telles que celle de la Harvard School of Public Health publiée
en Novembre 2006 par The Lancet laquelle a conclu que l’excès de
glucose dans le sang est la cause de plus de trois millions de décès
par an dans le monde, dont 960 000 directement à cause du diabète
et 2,2 millions en raison de troubles cardiovasculaires :
http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2806%2969700-6/fulltext
Si on ajoute le surpoids et l'obésité (2,4 millions), le total
(5,6) dépasse le chiffre attribué au tabac (4,8 millions)...
Chacun constatera le défaut de proportionnalité fiscale.
Le rhum, lui, est loin de boxer dans la même catégorie...
Mais même si l'on prend la totalité de l'"Alcohol use",
le Global Health Risks de l'OMS publié en 2009 nous apprend que dans
le groupe de pays auquel appartient la France, celui des pays à haut
niveau de vie, le risque de mortalité afférent ne représente
même pas le quart du seul "High blood glucose", l'excès
de sucre dans le sang !
Voir page 11 :
http://www.who.int/healthinfo/global_burden_disease/GlobalHealthRisks_report_full.pdf
Mais il convient d'être pragmatique et de se souvenir que l'unique motif
invoqué à l'occasion de l'instauration de cette taxe était
la lutte contre l'obésité.
Dans le cadre de ce motif, le seul qui concerne la terrible maladie contre laquelle
il lutte, il faut constater que si le rapport 1997 du Fonds Mondial de Recherche
contre le Cancer préconisait de limiter la consommation de sucre raffiné,
10 ans plus tard le rapport 2007 recommandait plutôt, considérant
sans aucun doute que c'était le meilleur moyen d'atteindre cet objectif
d'éviter les boissons sucrées. Et donc ne faisait plus allusion
aux produits sucrés solides.
En effet si le but est seulement d'enrayer l'épidémie d'obésité,
de la stabiliser, le fait de modérer la consommation de boissons sucrées
semble suffire.
Considérons ces 2 phrases extraites d'un article très intéressant
:
a) Une étude menée pendant un an dans des établissements
scolaires de Grande-Bretagne a montré que la diminution de la consommation
de boissons sucrées et de jus de fruits permettait de stabiliser la prévalence
de l'obésité chez les 7-10 ans, tandis qu'elle continuait à
augmenter dans les écoles où rien n'était fait.
b) Le seul fait de remplacer les boissons sucrées par de l'eau permettrait
de réduire significativement (235 calories) l'apport calorique chez les
enfants américains, a révélé une autre étude,
publiée en 2009 dans la revue Archives of Pediatrics & Adolescent
Medicine."
http://aujourdhuilemonde.blogspot.com/2010/04/boissons-sucrees-consommer-avec.html
Mathématiquement on peut donc en déduire que si l'on conservait,
tout en la limitant, la consommation de jus de fruits et que l'on bannissait
celle de boissons à sucres ajoutés cela pourrait permettre une
lente régression du fléau. Voir recommandation n°3, page 11
:
http://www.dietandcancerreport.org/cancer_resource_center/downloads/summary/french.pdf
Cela dit, en consultant cette recommandation qui donne des conseils pour éviter
la prise de poids, on aura remarqué qu'elle concerne également
des aliments solides comme ceux qu'on trouve dans les fast-foods, lesquels se
situent généralement dans la même sphère alimentaire
que les sodas, sphère communémént appelée junk food
ou "malbouffe", mais on est contraint de noter qu'ils sont déconseillés
de manière un peu moins catégorique :« éviter autant
que possible »... ce qui ne veut pas dire que nous soyons indifférents
aux dangers de la "macdonaldisation".
On trouvera en cliquant sur ce lien une intéressante bibliographie concernant
cet inquiétant phénomène : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mcdonaldisation_de_la_soci%C3%A9t%C3%A9
(A suivre)