Chameaux

                           SOBRIÉTÉ = SANTÉ !

Étymologie et sens authentique  Plusieurs  d'entre vous, amis lecteurs, s'étonneront peut-être que nous prêchions la sobriété.    En fait, c'est parce que ce mot a longtemps été l'objet d'un détournement de sens : il est donc temps de rectifier.

 Prenons le dictionnaire historique de la langue française (Robert) :
«sobriéré, n.f, a été emprunté (v. 1180) au latin
impérial sobrietas "tempérance dans l'usage du vin".»
Le mot est «dérivé de sobrius "qui n'est pas ivre"».
 Sobrius étant lui même «composé de se (ou so) privatif et de ebrius qui a donné ivre»... ou ébriété, pourrions-nous ajouter.
.
Précisions supplémentaires
 Dans le même dictionnaire, on peut lire : «tempérance, n.f, est emprunté au latin (v. 1250) temperantia "modération, mesure, retenue".»
 Et modération, toujours selon la même source, est «dérivé de moderari» qui veut dire modérer, mots ayant pour racine «modus : "mesure".»
 À noter que la tempérance est considérée depuis l'Antiquité comme  l'une des 4 vertus cardinales.
.
Conclusion 
Mettant à profit ces quasi-synonymies et pour éviter de donner des boutons à certaines et certains, on peut remplacer " à consommer avec modération" par " à consommer avec tempérance" ou "avec mesure".
 Ou "avec sobriété".
Ou encore "consommer sobrement".

 Notre point de vue
Effectivement, on peut tenir de sobres propos sans être muet, ou être sobre de mouvements sans pour autant être paralysé.
 Ou encore être sobrement vêtu sans être à poil !
«L'excès en tout est un défaut» (vieil adage).
«Il faut s'abstenir de l'abus sans abuser de l'abstinence» (adage tout récent car nous venons de le forger).

Par contre, si nous préconisons l'authentique sobriété, nous pensons aussi qu'il faut éviter le contresens d'"être sobre comme un chameau" !
En effet, que fait le chameau ?
 Il ne boit pas pendant de longs jours et absorbe des quantités considérables de liquide une fois parvenu à l'oasis.
Il s'agit là du plus parfait modèle de la tendance actuellement observable : abstinence en semaine et démesure une fois le week-end venu.
 Et c'est ainsi, comme nous l'avons maintes fois démontré ici, que la baisse continue de la consommation de vin est corrélée à la croissance exponentielle du nombre de comas éthyliques.
C'est donc clairement contre cette "camélisation" de la consommation que notre action s'exerce sans répit.

Pas de noms : ils et elles se reconnaîtront
Malheureusement, bien que notre pays ne soit pas désertique et que son climat soit considéré comme tempéré, les défenseurs du vin y sont régulièrement confrontés... à de sacrés "chameaux" !
.
..
 

Resquille perfide (5)

Le vieux lion de l'Aude a rugi jusqu'au bout mais les alcooliers ont fini par gagner.

Roland Courteau ne lâche rien.
 Mercredi dernier, en commission des affaires économiques, le sénateur Roland Courteau (PS), historique œnorésistant parlementaire, avait réussi à rétablir dans sa pureté d'origine l'amendement au Projet de Loi d'Avenir pour l'Agriculture qu'il avait fait adopter en avril dernier : http://www.lindependant.fr/2014/07/16/vin-et-patrimoine-roland-courteau-retablit-son-amendement-initial,1908167.php.

Hélas, en séance plénière, 2 jours plus tard, la majorité de ses collègues présents ont donné satisfaction aux fournisseurs de la matière première nécessaire aux comas éthyliques du week-end ainsi qu'à ceux qu'ils ont manipulé :
.
 Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale sera discuté à l'automne.
Alors, dans cette perspective et compte tenu de ce résultat, elles vont pouvoir reprendre, les manœuvres et manipulations visant à l'hyperfiscalisation du vin afin que gagne encore du terrain le système alimentaire "malbouffe quotidienne et binge-drinking hebdomadaire".
 Prolongeant ainsi une évolution qui s'amplifie depuis des décades, au fur et à mesure que régresse la culture du vin.
Un système alimentaire auquel participe largement une entreprise de restauration rapide à sodas-cola diabésitogènes intégrés.
 Une  entreprise appartenant (95%) à l’État par l'intermédiaire d'une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignation.
Une caisse à la commission de surveillance de laquelle siègent... 3 députés et 2 sénateurs.
 Et dont le directeur général, de juillet 2012 à avril 2014 fut un homme qui siégeait au gouvernement lorsque cette acquisition eut lieu c'est à dire pendant le mandat de... M. Nicolas Sarkozy.
Depuis avril 2014, il occupe la fonction de secrétaire général de la présidence de la République.
 Une présidence dont le titulaire a changé entre temps, comme chacun sait !
.
Les membres de la Chambre Haute ont-ils individuellement, à quelques semaines de leur renouvellement, eu peur de représailles ?
 On peut se poser la question à la lumière d'un exemple.
Raymond Couderc en février 2010
Le sénateur de l'Hérault Raymond Couderc (UMP) avait lui aussi déposé un amendement visant à inclure le vin -et seulement le vin- dans le Patrimoine Culturel et Gastronomique Protégé de la France ( voir notre article du 14/04/2014 ).
Eh bien les instances dirigeantes de son parti ne lui ont pas renouvelé leur investiture dans le cadre des futures élections sénatoriales, puisqu'il a été évincé au profit du maire de Sète : http://www.herault-tribune.com/articles/23019/-senatoriales-raymond-couderc-candidat-d-ici-candidat-si/ !
 Sète : une ville tout à fait à part dans ce département de l'Hérault à l'identité viticole fortement marquée...
.
«Rien à voir, aucun rapport» nous fera-t-on observer.
 Aucun rapport ?
Peut-être...
 Ou peut-être pas...
.
En tout état de cause, MM. Couderc et Courteau, au nom de notre culture bimillénaire : MERCI ! Et merci aussi à ceux qui se sont battus il y a 2 semaines à l'Assemblée contre le lobby éthylo-malbouffisant : CLICK.
Que tous soient assurés que nous ne nous découragerons pas : Ce serait les trahir.
.
.
 

Croyances prohibantes

1) Le contexte

L'actualité semble nous laisser un peu de répit, en ce moment, et cela nous donne le temps de mettre les choses au point concernant certaines allégations naguère proférées et qui participent à constituer un fond d'argumentaire potentiellement réactivable.

 Un fond d'argumentaire que nous devons sans cesse nous attacher à vider de sa substance.
Du moins des parties que nous estimons fallacieuses.
.
2) La question de Jacques Dupont
Revenons donc aux propos que tint, le 30/11/2013 dans le cadre du colloque "Vino Bravo", Mme Agnès Buzyn, présidente de l'INCa.
 Et plus particulièrement à la réponse qu'elle apporta à M. Jacques Dupont, excellent défenseur du vin, auteur du remarquable ouvrage intitulé : "Invignez-vous".
Cela se passe de 1h 31mn 20 sec à 1H 35mn 20 sec :  https://www.youtube.com/watch?v=YiYuLR2T6aQ#t=5.
 Mr Dupont, demande s'il existe des études sérieuses concernant la relation entre consommation de vin et occurrences de cancers.
Et rappelle les «49000 morts découvert l'année dernière contre 45000 en 1995» par l'inénarrable Mme Hill, ce qui fait que «plus on boit d'alcool moins on meurt et moins on boit d'alcool, plus on meurt» (en accord avec notre "Mini dosssier" du 26/04/2013 : "Principe de Hill").
 Reprenant ainsi l'observation que nous émettions dans notre notre article "Hier lundi..." dès le 05/03/21013.
Argument qu'il avait déjà utilisé lors de sa confrontation radiophonique avec ladite dame le 16/09/2013 : http://www.franceinter.fr/emission-le-telephone-sonne-questions-sur-le-vin-ce-produit-phare-du-patrimoine-francais.
 Et plus en amont encore dans son article du 08/05/2013 :  http://www.lepoint.fr/vin/contre-l-alcoolisme-le-bon-vin-08-05-2013-1664727_581.php.
Dommage que nous n'ayons indiqué que 3 semaines après ce colloque le fait que pour l'INCa et Mme Hill le nombre de décès par cancer dus à l'alcool avait augmenté de 67% entre 2006 et 2009 (voir notre article "Double langage (2)" du 23/12/2013, à peu prés au milieu).
 Le faire remarquer aurait été encore plus intéressant.
Et M. Dupont concluait sa demande d'«études épidémiologiques sérieuses» ainsi : «je vous rappelle quand même que Mme Hill, dans ses 49000 morts, oublie un peu de déduire ceux qui boivent du vin et qui fument en même temps».
 Excellente remarque qui renvoie à notre "mini dossier" du 15/04/2013 : "Éthylo-tabagisme et cancer des VADS" en lequel nous démontrions que si l'alcool peut générer le cancer des Voies Aéro-Digestives Supérieurs, c'est essentiellement en présence de tabac.
«Oui mais -nous dira le lecteur- il ne s'agit là que du cancer des VADS et il en existe d'autres.».
Patience !
 Nous verrons plus loin que la pertinence de l'observation émise par Jacques Dupont est bien pleine et entière.
.
3) Réponse d'Agnès Buzyn
La présidente de l'Institut National du Cancer nous parle de «méta-analyses très robustes» et va rétorquer au journaliste : «par rapport à l'étude que vous demandez, il y a une étude très sérieuse... une étude rétrospective» et cite comme échantillon de référence «des gens qui ne boivent jamais pour des raisons culturelles parfois, religieuses... et on percevait un risque, faible, de l'ordre de 10% du cancer colorectal, de 10% du cancer du sein, dans la population de ceux qui avaient bu par rapport à ceux qui n'avaient jamais bu ».
 Mais, et c'est là que nous en venons un cœur du sujet, elle ajoute, en dessinant du doigt un cercle autour du bas de son visage, «de même on observe une augmentation de 29% du risque ORL entre ceux qui avaient bu et ceux qui n'avaient pas bu. Ce sont des études épidémiologique très robustes».
Quand Mme Buzyn dit ORL, nous pensons qu'elle veut dire VADS, car l'otorhinolaryngologie traite également du nez et des oreilles.
 Et on espère qu'il est encore possible de dire à haute voix le mot "vin" sans se voir accuser de refiler le cancer du tympan à son interlocuteur !
Alors 10% c'était "faible", comme dit Mme Buzyn et ce chiffre est très proche de la proportion de français classée "consommateurs à risque chronique", des personnes qu'il faut repérer et guérir ... comme toutes celles qui souffrent d'addiction à une substance nocive en cas de consommation excessive.
Le sucre par exemple.
 Par contre, 29% c'est plus lourd et pourrait justifier que l'on s'inquiète également des populations classées à risque ponctuels.
Et, de manière beaucoup moins évidente, bien sûr, mais quand même un petit peu aussi, des usagers de la consommation modérée, «dès le premier verre».
 Sauf que nous avons quelques observations à formuler...
.
4) Nos observations sur cette réponse
Mme Buzyn ne donne pas les références de l'étude «très robuste» qu'elle évoque.
 Mais nous avons déjà entendu cet argument et nous savons de quoi il s'agit.
En 2007 paraissait une étude arborant fièrement les logos du réseau NACRe et de l'INCa intitulée "Alcool et risque de cancer".
 Sa rédactrice première citée était Paule Latino-Martel que nous connaissons bien depuis "l'affaire de la brochure".
Dans le comité de relecture-validation on trouve quelques-uns des plus terribles œnophobistes de l'ombre.
 On y trouve ceci (1° colonne, page numérotée 17) : 
«Certaine études ont été menées sur des populations traditionnellement abstinentes (Adventistes* et Mormons*) : le taux de cancer de la cavité buccale, du larynx ou de l’œsophage chez les Adventistes est très faible par rapport à une population non-adventiste [Wynder, 1959]; de même le taux de cancer de la cavité buccale, du pharynx,  de l’œsophage ou du larynx chez les Mormons est plus faible comparé à celui des non-Mormons dans l'Utah [Lyon, 1980   ]».
Or :
  • Les Adventistes -ou plutôt Adventistes du 7° jour- s'abstiennent «de toutes viandes, poissons, boissons alcoolisées ou produit contenant de la caféine (les boissons telle que le coca-cola par exemple), des condiments forts et des fromages fermentés, café, thé, tabac et tout autre stupéfiant» : CLICK (au 2/3 de la page).
  • Quand aux Mormons (voir gravure en haut de page représentant la première vision de leur prophète fondateur, Joseph Smith), si la viande et le poisson leur sont autorisés,  ils «ne boivent pas d'alcool, de café ou de thé et s'abstiennent de toutes substances nocives y compris le tabac» : CLICK (début de texte).

.

5) Nos conclusions
  a) Ces groupes humains ne fument donc pas et tout scientifique sérieux admettra que là est la principale raison pour laquelle ils sont préservés du cancer des Voies Aéro-Digestives Supérieures.
 b) Utiliser cette comparaison pour "faire porter le chapeau" au vin nous semble relever de la carabistouille manipulatrice.
  c) Nous respectons toutes les croyances, opinions ou options philosophiques.
Ce respect nous impose d'admettre que certaines d'entre elles comportent quelques interdits alimentaires.
 Mais en retour chacun doit admettre que, chez les presqu'œnolâtres que nous sommes, au moins l'un de ces interdits éveille un fort sentiment de compassion à l'égard de leurs fidèles... et à la lointaine postérité de ces derniers pour les raisons que nous avons exposées dans notre article "L'oeuf et la poule".
 Et que par conséquent nous ne souhaitions pas franchement un brillant succès à leurs actions prosélytiques éventuelles.
 Non plus qu'à celles de tout prosélytisme œnophobique... qu'il soit laïque ou religieux !
.

6) Notre question à Mme Buzyn
Utiliseriez vous les mêmes études (Wynder 1959 et Lyon 1980) pour mettre en cause le thé et le café de la même manière ?
 
Pour mémoire, quelques autres articles parus ici concernant les propos de Mme Buzyn :
 04/12/2013 : Double langage (1)
 22/12/2013 : Double langage (2)
 06/01/2013 : Continuer...
.
.
 

Resquille perfide (4)

C'est l'histoire du verre à moitié vide et/ou à moitié plein.

Le vin a bien été intégré dans le patrimoine culturel et Gastronomique Protégé de la France, mais pas tout seul et loin de là puisque l'ont rejoint les spiritueux, la bière, le cidre et le poiré.
 Il s'agit donc d'une intégration diluée.
.
Notons qu'en ce qui concerne le cidre et le poiré, cette compagnie nous gêne un peu moins car il s'agit aussi de jus de fruits fermentés.
 Et dans le cas du cidre, il s'agit aussi d'une boisson bimillénaire, puisqu'il était fabriqué dès l'antiquité au pays basque.
.
Mais voyons comment se sont comporté les députés : quels sont ceux qui méritent la gratitude des défenseurs du vin ?
.
Ont introduit des amendements demandant le retour à la version sénatoriale :
 Mmes Marie-Hélène Fabre, Martine Faure et MM. Gilles Savary, William Dumas et Pierre Aylagas : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/2066/AN/1043.pdf.
On peut regretter que malgré l'appartenance de tous ces députés au même parti, il n'ait pas été possible de fusionner ces 2 propositions.
 On peut aussi penser que cela a permis d'entendre 2 interventions allant dans le même sens et se complétant de belle manière.
Il faut remarquer au passage que Mme Fabre et M. Mesquida sont respectivement députés de l'Est Audois et et de l'Ouest Héraultais et qu'il s'agit là de 2 territoires contigus mais aux habitants desquels il est très difficile de travailler ensemble.
 Ah ! Cette vieille rivalité Béziers-Narbonne qui se manifeste depuis des lustres sur les terrains de rugby (entre autres) !
Il n'avait pas non plus été possible à MM. Couderc et Courteau de déposer un amendement commun au Sénat, peut-être aussi en fonction de la même histoire.
Il faut dire que ces 2 derniers, par contre, militent pas dans des partis rivaux... ce qui, bien sûr,  complique encore les choses !
.
Mais il faut dire aussi que, malgré cet apparent clivage interne, toutes les initiatives prises émanent de l'ensemble Aude-Hérault, ce bel ensemble géographique qui se trouve "à cheval" sur le remarquable étang de Capestang (photo), territoire des anciens Élysiques lesquels furent convertis au vin dès l'Antiquité par les Grecs et les Phéniciens.
.
C'est d'une circonscription de ce même ensemble qu'est aussi député M. Élie Aboud, lequel s'exprima en appui des interventions de Mme Fabre et de M. Mesquida, bien qu'il soit de sensibilité différente.
 Et aussi M. Jean-Claude Pérez qui appuya, par ses remarques, les arguments de ses collègues.
.
Du même parti que M. Aboud, un seul député sauva l'honneur du reste de la France, M. Philippe-Armand Martin, un champenois.
.
Voir les débats à "Article 10 bis A, 1° partie du compte rendu :
.
Du fond du cœur, un grand merci à tous les parlementaires que nous venons de citer !
.
Quel dommage qu'à l'Assemblée Nationale, ce mardi 8 juillet à 21 h 30, les rangs des œnophiles aient été aussi clairsemés !
 Si avaient été présents la totalité des élus des 70 départements viticoles dont parle M. Mesquida au début de son intervention, le résultat aurait été différent...
.
Mais c'est ainsi...
 Cela étant dit, tout n'est peut-être pas perdu.
En effet, l'amendement voté ne l'ayant pas été dans les mêmes termes que celui adopté par le Sénat, il s'ensuit (à notre sens, du moins) que ce sera aussi le cas pour l'ensemble du projet de loi et que logiquement il devrait être réexaminé par la Chambre Haute au titre du principe de "navette parlementaire".
Et si le désaccord persiste, le différend devrait être soumis à la Commission Mixte Paritaire.
Et dans ce cas, plusieurs hypothèses peuvent se présenter...
.
Nous en reparlerons...
.
                                                                          (À suivre)
.
Nota Bene : à saluer tout particulièrement les très belles citations rappelées par Mme Marie-Hélène Fabre :
  • Blaise Pascal : « Trop ou trop peu de vin interdit la vérité.»,
  • Paul Claudel : « Le vin est un professeur de goût, il est le libérateur de l’esprit et l’illuminateur de l’intelligence».

Un grand merci de plus pour ces instants de plaisir !

.
.
 

L’œuf et la poule

«Dieu n'avait fait que l'eau, mais l'homme a fait le vin» (Victor Hugo, Les Contemplations- 1856).

 Magnifique citation !
La fierté, voire l'orgueil, d'appartenir à l'espèce humaine est, pour nous, à la base de la véritable et profonde signification du mot "humanisme".
 Cette espèce humaine qui, ne serait-ce qu'en France, du Pont du Gard au Viaduc de Millau, a tant amélioré la création.
Que celle-ci ait été d'origine délibérée ou aléatoire ne change rien au constat.
Le pont du Gard
Mais une question peut-se poser, au risque de secouer un peu les mânes du grand écrivain : est-ce l'homme qui a fait le vin ou bien le vin (du moins les jus de fruits fermentés) qui ont fait l'homme ?
Un peu l'éternelle question de savoir qui était en premier de l’œuf ou de la poule.
 Nous allons tâcher d'y répondre.
.
ATTENTION : certains d'entre vous peut-être, amis lecteurs, ne supportent pas la thèse Darwinienne de l'évolution et/ou estiment que l'univers n'a même pas 6000 ans d'existence et/ou pensent que la terre est plate et que le soleil tourne autour, etc... 
 Nous les prévenons que les lignes qui vont suivre risquent de leur paraître bien désagréables.
Comme aux œnophobes, d'ailleurs, mais pour d'autres raisons
 Nous ne leur tiendrons donc pas rigueur s'ils préfèrent les "enjamber" et se rendre directement au point d'actualité, en bas de page.
Pour les autres (majoritaires, nous osons l'espérer), nous indiquons la conclusion à laquelle est arrivé un chimiste chercheur, Steven Benner, de la Fondation pour l’évolution moléculaire appliquée de Gainesville (Floride).
 Cet homme a cherché à savoir pourquoi et comment l'homme est équipé de l'enzyme alcool-déshydragénase (surtout ADH-4) qui nous rend apte à métaboliser l'alcool, ce qui permet de dire que nous programmés pour en consommer... modérément, bien entendu !
Et, étudiant l'évolution des espèces, il en a déduit que, il y a environ 10 millions d'années, un de nos lointains ancêtres, un primate arboricole, s'habituant au contact du sol, mangeait des fruits mûrs et tombés de l'arbre.
La peau de ces fruits ayant été endommagée par la chute, le contact avec les levures naturelles présentes dans l'environnement avait été possible ce qui avait déclenché le processus de fermentation :  http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-2281016/Scientists-trace-boozing-gene-Taste-drink-originated-10million-years-ago-common-ancestor-humans-chimps.html.
Ces fruits contenaient donc de l'alcool.
.
À partir de là, se mit en place le processus d'exhaustion de la conscience que nous avons décrit dans notre article "Découverte importante : une molécule connue depuis au moins 60 siècle aide le cerveau à apprendre".
 Et la grande aventure commença qui allait amener des descendants de ce primate jusqu'à pénétrer dans l'espace !
.
Viaduc de Millau
Ainsi, un pont était jeté entre la Terre et le Ciel !
 Le fruit que croquèrent Adam et Ève dans la Genèse est souvent représenté par une pomme mais il n'est en fait jamais défini.
Mais il semble bien, à la lecture de ce qui précède, qu'il se soit agi en tout cas d'un fruit à sucre fermenté.
 Est-ce inconsciemment pour nous ramener à l'état de nature, dans le Jardin d'Eden, que les œnophobes hallucinés cherchent à nous contraindre à l'abstinence ?
À notre avis, le pari est risqué !
 Il n'est pas facile de remettre le dentifrice dans le tube et il est bien rare qu'une régression soit positive.
Et celle-là serait bien loin d'être à la marge !
 Sans compter qu'il faudrait revivre en sens inverse les étapes intermédiaires : des siècles et des siècles farouches, tyranniques et barbares avant avant que nos lointains descendants, leur organisme enfin purgé de toute trace d'ADH-4, puissent enfin à nouveau tutoyer les canopées...
Mais de par en dessous seulement !
 
.
.
 

Resquille perfide (3)

Nous avons un certain nombre d'arguments pour défendre notre point de vue (voir notre article précédent).

Voici les 2 principaux :
.
  1) Nous réclamons depuis le début que l'inscription au Patrimoine Culturel et Gastronomique Protégé de la France soit prioritairement réservé aux produits bimillénairement présents sur notre territoire national.
Comme le foie-gras et comme le vin.
.
fromage france
Et comme d'autres également : par exemple le fromage, dont il existe un très grand nombre de variétés en France et il faudrait, à notre sens, que le cas soit rapidement traité.
.
 À noter : selon l'acception actuelle de la bière, le houblon, lequel n'est utilisé que depuis le Moyen-Âge, est un des ingrédients principaux de ce breuvage. La phase d'ébullition est d'ailleurs nommée "houblonage" par les spécialistes.
D'ailleurs, le mot "bière" (du néerlandais bier) n'est utilisé en France que depuis le XV° siècle.
;
  2) Les spiritueux consommés dans notre pays sont essentiellement d'origine étrangère comme, par exemple, la vodka, la tequila... ou le whisky écossais, sachant que que les français sont les premiers consommateurs mondiaux de ce produit !
Et qu'une bonne partie d'entre eux est distribuée par la maison Pernod-Ricard dont le directeur général affirmait naguère s'employer à tenter de produire de l'augmentation fiscale pour le vin : relire notre article "Au Sénat, intervention anisée" (1° partie).
 À noter qu'il existe désormais de nombreux whiskies fabriqués en France :
 Et aussi des vodkas :
Question : ces boissons seront-elles considérés comme partie intégrante de notre patrimoine culturel et gastronomique ?
  À noter également que la plus ancienne eau-de-vie fabriquée en France n'existe que depuis le XIV° siècle.
.
Information de dernière heure :
MM. Kléber Mesquida et Frédéric Roig ont déposé un amendement (actuellement examiné par les services de l'Assemblée Nationale) dont les défenseurs du vin doivent très vivement remercier ces 2 députés de l'Hérault... un département historiquement en pointe dans le combat, ce qui peut peut-être s'expliquer par une probabilité historique : c'est sans doute son territoire que s'est effectuée la première vinification de l'histoire de notre pays ! http://www.maxisciences.com/vin/il-y-a-2-500-ans-les-francais-fabriquaient-deja-leur-propre-vin_art29736.html.
.
                                                (À suivre)
.
.
 

Resquille perfide (2)

Que va-t-iil se passer à l'Assemblée Nationale lorsque sera discuté l'article 10 bis A, c'est à dire la semaine prochaine (voir notre article du 30/06/21014 ) ?

LES SCÉNARIOS
 1° scénario (le pire) :
Rappelons pour commencer que, depuis des années, la baisse constante de consommation de vin s'accompagne concomitamment d'une hausse toute aussi constante de celle de spiritueux... et, par suite, du nombre de comas éthyliques.
 Rappelons aussi que la bière est la boisson alcoolisée la plus consommée chez les jeunes.
 Le risque est donc réel que, l'amendent proposé par la commission des finances comportant ces 2 produits, la majorité des députés, effrayée par ces données, rejette carrément l'article 10 bis A.
Résultats :
- au dernier moment, la France s'est montré incapable de reconnaître comme faisant partie de son Patrimoine Culturel et Gastronomique l'élément qui en est le plus emblématique aux yeux du monde entier,
- hilarité planétaire généralisée devant un pays qui se ridiculise une fois de plus sur ce sujet,
- auto-ridiculisation n'étant pas bonne pour les affaires, on enregistre un nouveau recul du vin français sur les marchés internationaux.
- il est nécessaire de compenser cette perte en augmentant l'endettement.
.
2° scénario (le presque pire) :
L'article est adopté selon les propositions de la commission des affaires économiques.
Le vin est noyé dans la masse.
La voie reste ouverte à ce qu'une proposition visant à ce qu'il soit hyper-fiscalisé selon le principe dit "de la taxation au degré".
Vieille proposition de la Fédération Française des Spiritueux puisque son ancien président disait en 2010 que la FFS le demandait «depuis plusieurs années». Lire la dernière phrase de ce communiqué : Click.
La manœuvre a réussi : les alcooliers ont gagné.
.
3° scénario (très satisfaisant) :
Rejoignant la sagesse du Sénat, les députés votent l'article 10 bis A tel que le 1° ministre le leur a transmis.
.
4° scénario (notre préféré) :
Par esprit de concision, les députés reviennent à la formulation que nous proposons depuis des années :
«Le vin, produit de la vigne, fait partie du patrimoine culturel et gastronomique protégé de la France».
 Simple et de bon goût, non ?
.
Pour les convaincre de choisir l'une de ces 2 dernières options, nous avons quelques arguments.
                                                  (À suivre)
.
.

 

 

Resquille perfide (1)

Comment tenter de partager le bénéfice avec ceux qui ont travaillé sans avoir soi même participé au travail... et cela même au risque qu'il n'y ait de bénéfice pour personne !
Et s'agit-il vraiment d'un risque ou bien plutôt du véritable but ?

En guise de résumé des épisodes précédents concernant ce sujet, il est recommandé de relire :  "Un objectif en voie d'être atteint ?".

Les faits
Concernant notre vieil objectif, l'inscription du vin au Patrimoine Gastronomique et Culurel Protégé à l'instar du foie gras, le nouvel article a été tout à fait correctement transmis du Sénat à l'Assemblée Nationale :

Article 10 bis A (nouveau)
(1) Le chapitre V du titre VI du livre VI du code rural et de la pêche maritime est complété par un article L. 665-6 ainsi rédigé :
(2) « Art. L. 665-6. – Le vin, produit de la vigne, et les terroirs viticoles font partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager protégé de la France. »
Et ceci par l'intermédiaire du 1° Ministre et au sein du document comportant la totalité des modifications apportée par la haute Assemblée au Projet de Loi d'Avenir pour l'Agriculture, l'Alimentation et la Forêt : http://www.assemblee-nationale.fr/14/textes/1892.asp#D_Article_1.

Projet de Loi qui sera donc examiné par les député en session plénière, examen programmé les 7 et 8 Juillet.
Mais entre temps, il a déjà été soumis aux membres de la commission des Affaires Économiques, lesquels, en 2 temps, ont commencé à faire de beaux dégâts :
- 1° temps (20/6), au vin on ajoute les spiritueux :  http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/1892/CION-ECO/CE403.asp.
Bon, ce ne sont que des propositions, le débat définitif aura lieu la semaine prochaine, mais 4 scénarios sont désormais envisageables dont 2 clairement déplaisants.
Et ce ne sont pas les plus improbables.
.
Nous les examinerons tour à tour et nous verrons que la manœuvre ne ressort peut-être pas seulement d'une bien banale et méprisable opération de resquille, mais obéit peut-être à de bien plus perfides motifs.
                                                                        (À suivre)
 

Petit supplément en sujet :
Compte rendu des débats du 25 juin :
.
Petit supplément hors sujet (quoique...) :
On se souvient, bien sûr, des mésaventures fiscales de M. Jérôme Cahuzac, le rédacteur de la loi Évin.
Eh bien il semblerait que M. Jean-Marie Le Guen, qui fut le rapporteur parlementaire de ladite loi , se soit à son tour fait prendre avec les doigts dans le pot de confiture :  http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/06/27/jean-marie-le-guen-a-sous-evalue-son-patrimoine_4446645_3224.html.
Décidément : belle équipe cette "bande à Évin" !
.
.
 

L’inverse

L'art de déclarer l'inverse de ce que l'on a observé !
.
Une partie de la presse s'est empressée de relayer les "résultats" d'une étude réalisée dans 2 villages de Toscane (image) concernant les liens entre santé et consommation de resvératrol, ce fameux composé phénolique du vin dont nous avons récemment parlé (http://honneurduvin.vitisphere4.vitisphere.com/le-pourquoi-du-comment/).
.
Résultat : en gros, pas de corrélation.
Plus significatif encore si l'on considère la première ligne de l'article («Un verre de vin rouge par jour est bon pour la santé? Pas si sûr.») : http://www.huffingtonpost.fr/2014/05/13/sante-vin-rouge-resveratrol_n_5314032.html.
.
Et il est vrai que c'est ce qu'on trouve en conclusion de l'"abstract" fourni à l'agence de presse qui a servi de relais.
.
D'ailleurs, le meneur de l'équipe ayant rédigé l'étude, le Dr Richard D. Semba, du haut de ses 38 ans d'expérience en ophtalmologie, déclare : «L'histoire du resvératrol s'avère être un nouveau cas d'une substance ayant fait l'objet d'un énorme battage médiatique quant à ses bienfaits pour la santé qui ne se confirment pas».
Et ajoute : «L'idée était que certains aliments ou boissons étaient bons pour vous parce qu'ils contenaient du resvératrol et nous n'avons pas du tout constaté cela ».
Ben, voyons !
.
 Tout ça c'est bien joli, mais... IL Y A UN PROBLÈME !
Et ce problème c'est qu'il y a toujours des petits malins pervers qui ne se contentent pas de lire les "abstracts", les "results", les conclusions et les déclarations médiatisées : ils vont aussi dans le cœur du document pour se pencher de plus près sur chaque phrase et consulter soigneusement chaque tableau.
 En somme la partie bien souvent rédigée par les assistants, lesquels ne sont généralement pas directement en contact avec le groupe financement-médiatisation.
Et cela même au pays ou naquit le principal rival du vin, un soda bien connu à base d'acide phosphorique carbo-hydraté.
 
 Ces "petits malins pervers", il y en a plein à "Honneur du Vin".
Et en plus, ils ont des copains...
Ils se sont donc penchés sur l'étude en question dans sa version exhaustive.
Nous y reviendrons ultérieurement, mais pour ne pas faire trop long dans le cadre de cet article,  nous n'allons évoquer que 2 "échantillons" de ce que nous avons trouvé.
 
Mais d'abord il faut savoir que :
   a) la population observée est partagée en 4 quarts croissants en fonction du nombre de métabolites de resvératrol observés dans les urines des personnes la composant, toutes âgées de plus de 65 ans,
   b) les auteurs considèrent (pertinemment à notre avis) que le taux de resvératrol contenu dans l'urine est un biomarqueur valable de la consommation de vin : «A previous study has shown that urinary resveratrol levels are a valid biomarker of wine consumption» (milieu du dernier paragraphe avnt "Conclusion", page E7).
.
Et voici maintenant les "échantillons" annoncés plus haut :
   1) Page E3, colonne de droite, "Results", avant-dernière phrase du 1° paragraphe : «The prevalence of coronary artery disease and diabetes were higher among those in the lowest quartile of total urinary resveratrol metabolite.»
 Cela signifie que les fréquences observées de coronopathie (affection des artères coronaires, une des principales causes de mortalité en France) et de diabète (autre facteur important de décès) étaient les plus élevées dans le quart comportant le nombre le moins élevé de métabolites de resvératrol.
Autrement dit, les personnes consommant le moins de vin sont les plus exposées à ces pathologies.
   2) Page E4, dernière ligne du tableau, concernant le nombre de décès intervenus au cours de l'expérience (9 ans), lorsqu'on va du quart pourvu des plus bas taux de métabolites de resvératrol vers le quart pourvu des taux les plus élevés, la proportion de décès chez les participants est respectivement de 34,4%, 31,6%, 33,5% et 37,4%. [1]
.
Ce qui confirme la "courbe en J" que personne ne conteste, même pas Mme Hill.
Et qu'à une certaine époque elle mettait même en évidence.
Voir les tableaux de la page numérotée 16 :  http://www.hcsp.fr/docspdf/adsp/adsp-30/ad301417.pdf.
Mais ça, c'était avant !
Avant certaines rencontres et certains financements...
 
Aujourd'hui, si personne ne la conteste, cette "courbe en J", beaucoup s'appliquent à la faire oublier !
Particulièrement, bien sûr, au sein de la sournoise secte anti-longévité...
 
                                                                                     (À suivre)
 
Note de bas de page :
[1] Si on fait le rapport du chiffre correspondant à la consommation minimale divisé par par la consommation optimale, on obtient : 34,4/31,6 = 0,9 environ soit 9%.
 L'espérance de vie au delà de l'âge de 65 ans étant en France de 21,55 ans (moyenne uni-sexe), la consommation optimale permettait alors, par rapport à l'abstinence, de gagner presque 2 ans de vie (22,5 x 1,09) : le temps, peut-être, d'avoir connu le sourire de tous ses arrières petits-enfants !
 
 
 
 

Le pourquoi du comment

La presse française a très peu parlé de cette intéressante étude :  http://elifesciences.org/content/elife/early/2014/04/24/eLife.02057.full.pdf.

Voire pas du tout.
 Pourtant elle a été bien reprise dans les revues anglo-saxones.
 Dommage car elle pourrait bien marquer une étape capitale dans l'histoire du French Paradox, la réalité mise en évidence par notre cher Pr Serge Renaud.
En contribuant à en expliquer le "pourquoi du comment".
 En effet, le resvératrol, ce composant du vin dont nous avons souvent parlé, serait un inhibiteur efficace de l'interleukine 6 (IL-6), laquelle est une protéine pro-inflammatoire connue en tant que cytokine aux effets néfastes.
C'est une glycoprotéine sécrétée par les monocytes qui a un effet cytotoxique vis à vis de certaines tumeurs.
 L'évaluation des taux de plusieurs protéines associées à l'inflammation — IL-6, D-dimer et protéine C-réactive — a permis d'associer un taux élevé d'IL-6 à une augmentation de 40 % du risque de cancer.
D'autre part, des quantités excessives d'IL-6 peuvent causer la mort prématurée des cellules immunitaires, accroître la vulnérabilité du foie aux dommages et augmenter les risques de maladies cardiovasculaires.
 Pour en savoir plus sur l'IL-6, lire notamment ces 3 articles :
Il a fallu chercher ailleurs l'information comme dans le cas de l'augmentation de l'espérance de vie par allongement des télomères que nous avons trouvée dans le très chinois Quotidien du Peuple : lire notre article "Révolution culturelle".
.
 Quant à voir un jour des études françaises porter sur la question n'y pensons même pas : les études nécessitant un financement... public si possible pour ne pas encourir le risque d'être taxé de«conflit d'intérêt»  .
Et comme c'est la secte anti-longévité qui tient les cordons de la bourse...
.
.